Conférence des Intellectuels Africains et de la Diaspora II : Salvador Da Bahia reçoit l’Afrique

23 août , 2007 at 11:55 | In Afrique-Afrodescendants, Afro brésilien, CIADII, Culture | Leave a Comment

Koffi Annan – SG de l’ONU

La rencontre réunit des représentants de près de 40 pays du continent en plus de quatre autres de la diaspora pour discuter de la renaissance de l’Afrique.

Nelson Mandela- Prix Nobel de la Paix

Avec la présence de personnalités telles que  Nelson Mandela, Desmond Tutu, Kofi Annan, Frederick de Klerk, Stevie Wonder, Youssou N’Dour, Angélique Kidjo et Gilberto Gil, entre autres, Salvador (de Bahia) sera le siège, entre le 11 et le 15 juillet, de la IIème Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora (CIAD).

L’événement sera ouvert de manière informelle le  11 à 18h, par l’exposition “Abdias do Nascimento: Mémoire vive“, au Centre Culturel de la  Caisse Économique Fédérale à Barra. L’ouverture officielle aura lieu le 12 à 10h  sous le haut patronage du président Luiz Inácio Lula da Silva et des chefs d’État et de Gouvernement des pays participants, à l’auditorium Yemanjá au Centre des Conventions.

Député Adalberto Camargo Activiste pour des relations Brésil-Afrique fortes
La CIAD II  devrait réunir près de mille participants de plus de 40 pays africains et de la diaspora.
 Parmi les présents, des personnalités importantes de la géopolitique mondiale telles que le ghanéen Kofi Annan, secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies (ONU) et les sud-africains Nelson Mandela, Desmond Tutu et Frederick de Klerk, tous trois Prix Nobel de la Paix.
Il convient également de signaler la présence de l’écologiste Kenyane  Wangari Maathai (Nobel de la Paix), du professeur et docteur égyptien  Ahmed Zewail (Nobel de Chimie), du poète caribéen  Derek Walcott (Nobel de Littérature), de l’écrivain égyptien Nagib Mafouz (Nobel de Littérature), de l’écrivaine et activiste américaine Tony Morrison (Nobel de Littérature) et de l’écrivain  et dramaturge nigérian Wole Soyinka (Nobel de Littérature).

La rencontre sera clôturée avec de la musique, à la Concha Acústica, avec le son du ministre de la Culture et président de l’événement, Gilberto Gil, et des chanteurs  de renommées internationales tels que  Stevie Wonder, Youssou N’Dour, Angélique Kidjo et Iza Pereira.

Gilberto Gil – Ministre de la Culture- Brésil

Afrique Unie

 Sous le thème “La Diaspora et la renaissance Africaine“, le CIAD II se tiendra au  Centre de Conférences –  des activités complémentaires se dérouleront à l’Université Fédérale de Bahia (Ufba) et à l’université d’État de Bahia (Uneb) – et a pour objectif d’apporter la contribution des intellectuels pour une connaissance et une promotion plus large d’une meilleure coopération pour le développement des nations africaines et de la diaspora.  Durant l’événement, 24 ateliers thématiques, ainsi que trois panels seront organisés sur la langue africaine, la religion et l’héritage culturel.
Au-delà de la renaissance africaine et de la globalisation, l’événement abordera d’autres thèmes de discussions tels que l’identité, l’éducation et l’inclusion sociale, les perspectives de la jeunesse, les politiques de santé publique et les stratégies de développement économique et social entre autres “, révèle  Zulu Araújo, directeur culturel de la Fondation Palmares et coordinateur du CIAD II.


Dans sa deuxième édition, la rencontre se tiendra en dehors du continent africain. Le CIAD I s’était tenu à Dakar, au Sénégal en Octobre  2004. Lors de la dernière rencontre, le président sénégalais Abdoulaye Wade avait proposé au président  Lula que la prochaine conférence se tienne au Brésil. La proposition avait été acceptée de bonne grâce, et sans hésitation.
Le choix de Bahia comme  théâtre de l’événement est dû l’ambition du Ministre de la Culture de positionner l’état comme protagoniste et centre de discussion sur les communautés noires du monde.
  La CIAD va redéfinir l’action du Brésil vis-à-vis du continent africain. Et pour une question d’identité, il fallait que ce soit Bahia, endroit où se trouve la population noire la plus importante quantitativement en dehors de l’Afrique“, indique  Ubiratan Castro, président de la Fondation Palmares.

 Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.portalafro.com.br/noticias2006/ciad/internet/inicio.htm

Afrodescendants brésiliens et l’Afrique : les liens du passé et de l’avenir

23 août , 2007 at 2:29 | In Afrique-Afrodescendants, Afro brésilien, Histoire | Leave a Comment

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La deuxième Rencontre afro-goianaise, heureuse initiative du SEBRAE qui cherche à sauvegarder la richesse humaine des cultures afro descendantes, s’est tenue dans la Ville de Goiás. La rencontre a compté plus de 1000 participants venus de nombreuses municipalités de l’État ainsi que des autres États Brésiliens.

Chacune des personnes qui a parcouru ces lieux ces jours-ci a senti à Serra Dourada les parfums savoureux de la Mère Afrique. 

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La solidarité avec l’Afrique pourrait être le thème international le plus important de cette semaine. Lors de son Assemblée générale, l’ONU a consacré la date du 25 mai  comme “Journée de la libération de l’Afrique“. Son secrétaire général est un africain, et sait que si l’on ne traite pas l’Afrique de manière plus juste, la vague de migrations forcées par les guerres et par la famine continuera, et ceci, sans l’indispensable organisation de l’accueil qu’exige ce problème.   La mésentente entre les cultures ne fait que tendre à empirer et aucun pays au monde n’aura la paix.

Le Brésil a une dette historique et culturelle envers les peuples africains, avec lesquels il partage une grande partie de ses goûts, de ses rythmes musicaux, de ces mets et façons d’être.

47 % de la population brésilienne est constituée d’afro descendants. Pour cette raison, rétablir des relations plus solidaires avec la Mère Afrique pour chacun de nous revient à faire le lien avec nos racines, tout en sauvegardant notre histoire.

Il ya quelques décennies, des gens sont partis de Bahia, de Minas et de Maranhão et, au lieu de parcourir l’ “Amérique“, comme le suggère la novela global, se sont rendus en Afrique.  Beaucoup parmi eux y sont allés pour retrouver leurs racines et des parents. Certains resteront vivre au Nigéria ou au Bénin.

Le président Lula est le premier homme d’État brésilien à privilégier la relation avec les nations africaines. À ce jour, il a déjà visité plus de pays du continent que tous ses prédécesseurs réunis. Plutôt que de privilégier les intérêts financiers du pays comme motif principal des relations internationales, il visite également, et fréquemment, des pays plus pauvres que le Brésil. Il est en train de construire entre l’Amérique Latine et l’Afrique un réseau de solidarité qui peut se réaliser au sein de l’ONU ou d’autres organisations internationales en tant que force morale et politique importante.

De plus l’Afrique est le troisième continent au monde. D’après les recherches les plus récentes, la vie humaine est apparue dans le continent noir. On y a trouvé des vestiges de la présence humaine qui remontent à plus d’un million d’années. Certaines cultures et religions africaines, dont les traditions ont généré les cultes afro-brésiliens, sont nées il y a cinq mille ans et guident la vie de nombreuses personnes et communautés jusqu’à ce jour.

Pourtant, malgré toute cette richesse historique et culturelle, l’Afrique reste victime d’une relation internationale inique.

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La situation du continent est tragique. Au Soudan, on estime que seulement en 2004, la guerre à fait plus de 5 0000 morts et 1,6 millions de réfugiés et d’exilés  (Cf. Nigrizia, janvier 2005, p. 8). L’hostilité entre hutus et tutsis qui a provoqué la mort de plus de 2 millions de personnes au Rwanda  (1994), se poursuit aux frontières du Congo, de l’Angola et du Rwanda. Au courant de l’année  2005, dix pays africains ont eu des élections présidentielles et neuf élections parlementaires, mais la démocratie est encore presqu’inexistante. Les conflits armés et les guerres déclarées ravagent le continent. Dans la plupart des pays, l’eau est un bien rare, la famine ravage des régions entières et le Sida menace la vie de millions de personnes, dont de nombreux enfants.

Cela n’arrive pas parce l’Afrique est pauvre. Au contraire. L’Afrique possède des richesses naturelles qui enchantent les touristes, et des ressources minérales comme le pétrole  et des pierres précieuses. Ses habitants sont intelligents, créatifs et travailleurs. Malgré l’adversité du climat et la pauvreté des sols à certains endroits, les africains y ont bien vécu durant des milliers d’années jusqu’à l’arrivée de l‘homme blanc.

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Les colonisateurs prirent le pouvoir et les terres de l’Afrique, volant tout ce qu’ils pouvaient. Durant des siècles, ils ont utilisé les africains pour les faire travailler gratuitement, et se sont appropriés  leurs mines et leur richesse.

En trois siècles, l’Afrique  a perdu 60 millions d’habitants à cause du commerce des esclaves. Parmi eux, seuls 15 millions sont arrivés vivants à destination. Dans le même temps, en Afrique même, les européens s’appropriaient de tout et dominaient les populations survivantes.

 

À partir des années 50, les pays africains commencèrent à obtenir l’indépendance politique. Entre temps, les colonisateurs imposèrent des frontières artificielles qui donnèrent naissance aux nouveaux pays. Ils séparèrent des groupes humains appartenant aux mêmes tribus, avec des dialectes et des coutumes communes, et maintenaient l’hégémonie européenne à travers une législation imposée aux nouveaux pays.

Cela généra un processus de ségrégation raciale violent dans lequel l’africain est considéré comme inférieur dans sa propre patrie.  Et comme conséquences, on a des guerres, des massacres, des génocides entre les africains eux-mêmes.  De plus, la structure sociale est injuste : au Zimbabwe par exemple, 2% de la population blanche possède la presque totalité des terres et l’économie.

Libérer l’Afrique, c’est contribuer à un monde plus juste et plus humain, et cela exige de nous que nous détruisions les distancces mentales et culturelles.

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Jusqu’à aujourd’hui, il est plus difficile de rencontrer des brésiliens qui connaissent le nom des fleuves français, des places de Londres et des villes italiennes que celui d’un pays ou d’une ville d’Afrique quelconque.

Peu de brésiliens savent que Yaoundé, capitale de la République du Cameroun ressemble beaucoup à nos villes de l’intérieur du nordeste. La majorité d’entre eux n’a jamais entendu parler d’Abidjan, ville qui fait face à Recife de l’autre côté de l’Océan, plus ou moins à la même latitude, avec le même climat et de nombreux problèmes similaires.

Mais les habitants de Pernabucano  ont été habitués à entendre que Recife est la “Venise brésilienne“. L’Europe, blanche et riche est toujours la référence. Qui au Brésil sait où se trouve le Darfour, khartoum ou  Dar es Salaam?

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Jolie bahianaise

L’urgence dans ce cadre n’est pas seulement d’apprendre la géographie, mais de découvrir que nous avons beaucoup de choses en commun, et que si nous sommes unis, il sera plus facile  pour nous de vaincre la pauvreté extrême qui menace la vie de millions de personnes, et ensemble, de prendre soin de la planète Terre en tant que maison commune de tous les êtres humains.

Une des forteresses dans lesquelles étaient emprisonnés les esclaves avant d’être embarqués pour le Brésil se trouve au Ghana. Sur le mur du fort, on retrouve une note écrite par les chefs ghanéens : “À la mémoire éternelle de l’angoisse de nos ancêtres. Que ceux qui mourront reposent en paix.  Que ceux qui reviendront retrouvent leurs racines. Que l’humanité plus jamais ne commette une injustice pareille contre elle-même. Nous les vivants, jurons de ne pas le faire “.

Face à un continent entier qui meurt dans le besoin, conséquence des atrocités commises dans le passé et de nos jours, il ne suffit pas de ne pas répéter le trafic. Il est nécessaire de prendre le problème par ses racines que sont le racisme et l’injustice sociale.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.adital.com.br/site/noticia.asp?lang=PT&cod=16852

Afro descendants et religions en Amérique Latine (Deuxième partie)

23 août , 2007 at 1:36 | In Afro brésilien, Religion | Leave a Comment

  Frei David Raimundo dos Santos. freidavid@saofrancisco.edu.br

hommage au dieu africain  Iemanjá

Comme référence dans la lutte pour les droits civils et raciaux,  on a le pasteur Martin Luther King, leader des Noirs américains.  La question suivante se pose : pourquoi est-ce un pasteur et non un athée ou une personne sans religion qui est devenu le symbole de cette lutte ? 

 La réponse nous amène à réfléchir sur l’importance déterminante des religions chrétiennes dans la recherche et la conquête des droits civils et raciaux de la population noire américaine. On découvre que, dans leur grande majorité, les leaders politiques noirs américains ont évolué à l’intérieur des religions chrétiennes.   

Une autre question se pose : pourquoi aux Etats-Unis, les religions chrétiennes sont-elles des instruments auxiliaires dans les conquêtes de la population noire et qu’en Amérique latine, peu de religions chrétiennes jouent ce rôle ?

Dans ce sens, on peut citer comme initiative exemplaire le travail de l’Église Assemblée de Dieu et de l’Église Méthodiste.  

 Dans les années 80, le pas le plus significatif  a été franchi par l’Église Méthodiste où

 se sont produites les articulations qui ont abouti à la création du  ”Ministère de la lutte contre le racisme de l’Église Méthodiste”. Ce “ministère” est reconnu dans plus de 10 états brésiliens. 

L’avancée la plus récente des méthodistes noirs a été d’obtenir que cette initiative soit approuvée lors du dernier synode par la loi d’orientation des écoles et des facultés méthodistes. Il est recommandé de donner la priorité aux femmes et aux noirs lors de l’attribution des bourses d’étude dans les  établissements d’enseignement de cette Église.

 Une organisation d’Afro descendants issus de 5 Églises Évangéliques différentes est née à  Rio de Janeiro, et devrait donner des résultats positifs d’ici peu.Il est important de rappeler que toutes ces informations sont le résultat d’observations de travaux réalisés à partir de la réalité par les groupes africains de base. Aucune enquête structurée n’a été organisée pour évaluer ces données. 

Racisme actuel

 Une étude réalisée par l’ “Institut de Recherche Economique Appliquée” (IPEA) démontre que la pauvreté touche 51 % des enfants brésiliens de 6 ans et moins. Cet indice est moindre parmi les blancs (38 %) et plus grand pour les Noirs (65 %).  Dans les autres phases de la vie, les différences raciales sont aussi claires : 61 % des noirs de 7 à 14 ans sont pauvres; chez les blancs, le pourcentage est de 33. La différence est également marquée à  l’adolescence et au début de la phase adulte. 47 % de noirs et 22 % de blancs  vivent dans la pauvreté entre 15 et 24 ans.  Les jeunes hommes blancs de 25 ans, comme dans les années 50 et 70, ont passé 2 ou 3 années de plus à l’école que leurs camarades noirs du même âge. Cela signifie que le jeune homme noir vit aujourd’hui une situation identique à celle vécue par son grand-père né dans les années 20. 

Parmi les 22 millions de brésiliens dans la pauvreté extrême (les personnes ne consommant pas la quantité de calories recommandée par l’ONU), 70 % sont noirs. La pauvreté n’est pas “démocratiquement distribuée entre les races, puisque les Noirs représentent seulement 46 % de la population”,  conclue l’IPEA. 

 Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Publié en 2003  http://latinoamericana.org/2003/textos/castellano/DosSantos.htm

Afro descendants et religions en Amérique Latine (Première partie)

23 août , 2007 at 1:35 | In Afro brésilien, Religion | Leave a Comment

Frei David Raimundo dos Santos. freidavid@saofrancisco.edu.br

 Afrobrésiliens

 Parler de la relation du Noir avec les religions c’est inévitablement  débattre du rôle du Noir dans la société dans son ensemble au cours de ces 500 années d’histoire. Durant ce processus, l’Église a défendu le point de vue du colonisateur, et elle le faisait à travers l’enseignement de la doctrine chrétienne et de la tradition catholique, puisqu’elle considérait que les cultures des noirs et des indigènes étaient inférieures et dépourvues de la présence de Dieu.   Durant la période de l’esclavage, l’Église Catholique a toujours défendu la position supérieure des blancs, en se servant des lois et des conventions qui leur garantissaient les meilleures charges (emplois), titres et autres privilèges.  Dès le XVIe siècle, on a empêché les Noirs, les métisses, les nouveaux chrétiens et les indigènes d’occuper des charges de confiance et d’honneur, en utilisant le prétexte qu’ils n’avaient pas de tradition catholique ni de titre de noblesse. 

  Les arguments utilisés étaient de nature théologique et sociale. On affirmait que ces groupes appartenaient à la race impure, et que leur sang était souillé; d’où l’expression  “race infecte” qui apparaît dans les documents coloniaux. 

   Tout cela n’était pas que des idées, mais quelque chose qui fonctionnait dans la pratique. Pour occuper des charges, le candidat devait prouver qu’un sang propre coulait dans ses veines, ou bien qu’il n’avait aucun ancêtre appartenant aux races impures.   C’était la seule manière d’être considéré comme une personne digne de confiance, bonne, vertueuse, craintive de Dieu, honnête. 

 On peut affirmer que jusqu’à la fin du XVIIIe siècle un racisme de fondements théologiques a persisté au Brésil. Il stigmatisait tous ceux qui descendaient des Juifs, des Noirs et des indigènes, classés comme “faux chrétiens”, ennemis du royaume et de l’Église, en plus d’être perçus comme une menace pour la foi,  la doctrine et aux bonnes coutumes.

 

 Face à cette réalité, la tradition catholique a occupé l’une des places les plus élevées sur l’échelle hiérarchique de la société chrétienne, et le noir devait choisir entre deux possibilités d’action : s’adapter aux valeurs de la culture blanche et européenne qui caractérisent la tradition catholique, en assimilant les habitudes et les coutumes d’une culture qui ne lui appartenait pas ; ou bien recouvrer ses racines dans les religions africaines qui maintenaient les traditions africaines dans leurs cultes et célébrations.

  En optant pour l’expérience chrétienne, à l’intérieur d’un modèle traditionnellement européen, le Noir catholique a cessé d’expérimenter toute la richesse culturelle héritée de l’Afrique, il s’est éloigné des questions raciales graves, comme la discrimination et le préjugé racial, les problèmes de la condition sociale précaire comme résultat du racisme masqué par un  système social injuste… Tout cela par rapport à une action limitée de l’Église sur la question ethnique et sociale.  

L’évangélisation est nécessairement passée par un processus d’occidentalisation, c’est-à-dire qu’elle a été rendue viable à partir de la détérioration des traditions africaines au sein de la population afro-brésilienne.

  Autrement dit, l’Église au Brésil a légitimé l’esclavage de façon théorique, spirituelle et  pratique et elle a pour tradition historique d’essayer de coopter des secteurs populaires en faveur de structures socio-économiques injustes.   L’Église est alors devenue un obstacle pour l’idéal de libération, permettant aux religions africaines de gagner un espace significatif dans l’expérience de la foi de la population afro descendante, puisqu’elles sont devenues une forme  réelle de résistance des Noirs.   Il s’agit là de la  conséquence de l’influence de la classe dominante qui, en se rendant compte de la force et de l’importance de la religion dans la vie du peuple noir, a décidé de s’attaquer à la façon singulière  de communiquer avec Dieu de ces Noirs.   Elle n’a pas accepté que bien que les valeurs de l’Évangile doivent toujours constituer l’essence,  chaque peuple doit définir la manière de célébrer, de louer et de ritualiser sur la base de sa propre culture.   Nous, Noirs du Brésil, voulons qu’il y ait réellement liberté religieuse pour tous. Nous exigeons, spécialement, que toutes les Églises qui se disent chrétiennes respectent les cultes afro-brésiliens.  

 Nos frères noirs et blancs qui suivent les cultes afro-brésiliens dans leurs formes les plus proches de l’original ou dans des formes syncrétisées, sous des noms les plus divers, ont le droit à leur liberté religieuse.   

 Cette préoccupation pour la question raciale est une réponse aux besoins de la population afro-brésilienne, autant dans le sens de lutter pour le droit de voir notre propre espace préservé, que dans le sens de promouvoir la conscientisation de la population sur la question raciale.    Dans une enquête réalisée par le Data Folha (1995), il a été démontré que 59 % de la population brésilienne est formée par des afro descendants et, de ce total, on estime que 30 % sont catholiques; 20 % sont catholiques mais fréquentent d’autres religions; 20% suivent les religions africaines ; 5 % suivent les religions dites ” spiritiques ”;  20 % suivent les religions évangéliques et les 5 % restants n’expriment pas de préférence religieuse spécifique. Ces données sont le résultat d’une estimation, puisqu’il n’y a pas d’enquête fiable qui aborde cette question.   Le gouvernement brésilien y travaille par le biais de l’IBGE, mais c’est un fait avéré que la population noire – au Brésil et dans le monde – est très religieuse.    On observe aussi qu’une bonne partie de ce pourcentage cherche une orientation dans les religions évangéliques. 

Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga

Publié en 2003http://latinoamericana.org/2003/textos/castellano/DosSantos.htm

Terres de quilombos

23 août , 2007 at 1:33 | In Afro brésilien, Quilombos | Leave a Comment

Noirs d’Amérique Latine

La communauté issue du quilombo* de l’île Marambaia, situé à Mangaratiba, dans l’État de Río de Janeiro, attend la finalisation du rapport technique d’identification et la délimitation de son territoire par l’Institut National de Réforme Agraire (INCRA). Selon l’organisation KOINONIA, c’est l’une des phases principales du processus administratif qui permettra d’octroyer le titre de propriété aux quilombolas ** qui occupent la terre depuis 150 ans. L’INCRA estime que le rapport sera finalisé dans les prochaines semaines. Cependant la communauté, les organisations de la société civile et des mouvements sociaux craignent que les négociations politiques qui ont lieu entre des organes du gouvernement fédéral, ignorant les intérêts des quilombolas, empêchent l’octroi du titre.  Pour mettre la pression sur le gouvernement et garantir la permanence des quilombolas sur son territoire, les organisations de la société civile comme FASE, KOINONIA, CEAP (Centro de Articulación de poblaciones marginadas) et COHRE (Centro por el Derecho a la Vivienda contra Desalojos) se sont joints à l’association ARQIMAR (Asociación de Remanentes de Quilombos de la Isla Marambaia) et à ACQUILER (Asociación de Comunidades Quilombolas de Río de Janeiro. Ensemble, ils ont initié la campagne : “Marambaia Libre!”, pour l’octroi d’un titre de propriété et pour rendre public  la violation de droits des l’homme subie par la communauté depuis 1971 lorsque la Marine s’est mise à contrôler et à administrer l’île.En décembre 2005, l’organisme oecuménique KOINONIA qui depuis près de cinq ans conseille  la communauté, a été interdit d’accès a l’île. Son objectif était de développer des activités du Projet Etno-Desarrollo Quilombola (Ethno-développement Quilombola), financé par le Ministère de Développement Agraire, organe du gouvernement fédéral, pour former la population à l’élaboration d’une proposition de développement soutenable. 

L’entrée dans l’île est également interdite  à d’autres organisations comme le COHRE et même à l’ INCRA. KOINONIA dénonce le fait que certains organes internes de la Marine brésilienne utilisent de faux arguments liés à l’environnement pour justifier leur opposition à l’octroi d’un titre de propriété à ce territoire quilombola.

La Marine affirme par exemple que les habitants sont les responsables de la dégradation de la zone. Pourtant, les pratiques des insulaires pour leur subsistance, comme la pêche artisanale qui obéit aux cycles de reproduction des poissons; les cultures qui sont réalisées avec des techniques propres; et les habitudes de consommation tiennent compte de la préservation de l’environnement de Marambaia.

Le 30 avril prochain à Itacuruçá sera organisée une manifestation publique en faveur de l’octroi d’un titre aux terres quilombolas de l’Île Marambaia. La manifestation aura lieu lors de la rencontre de trois communautés quilombolas de Río de Janeiro. 

  • Quilombo : les Villes ou les localités où les anciens esclaves noirs affranchis ou ceux qui avaient  fui vers la liberté vivaient à l’époque de la colonie. Par extension, les endroits habités par leurs descendants de nos jours.

 Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga Publié le 19 avril 2006http://www.adital.org.br/site/noticia.asp?lang=ES&cod=22080

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