PEROU : Racisme entre incas et mandingues – (Deuxième partie)

23 août , 2007 at 1:39 | In Afro péruviens, Racisme | Leave a Comment

Susana Baca, chanteuse Afropéruvienne

Les premiers africains sont arrivés au Pérou pour remplacer la main d’œuvre indigène dans les mines, mais du fait des mauvaises conditions de travail dans les Andes, ils furent envoyés dans les plantations de coton et de canne à sucre tout au long de la côte. À Chincha même où se sont réunis les experts de la situation des afro descendants, il y eut une propriété si grande qu’elle alla jusqu’à concentrer 30.000 esclaves. L’endroit est pour cette raison un lieu de grande densité de population noire et un des foyers culturels les plus importants du pays.On peut encore voir certains vestiges de cette propriété, comme les catacombes où étaient confinés les africains, ou les cellules de châtiment, les chaines et les boulets.  Les visiteurs étrangers ont été émus parcourant les vestiges  d’une période d’humiliation.
Dans ce pays, la femme noire peut uniquement avoir des chances dans le monde du spectacle ou dans le sport.  Elles ne sont pas les préférées des grandes chaines de prêt-à porter ou de fast food.
Ici à Chincha, il y a deux quartiers  où  les afro descendants sont très présents, El Guayabo et El Carmen. Le téléphone public n’existe dans aucun des deux. Mais des gens viennent de partout pour voir les musiciens qui vivent ici “, indiquait à IPS Cecilia Ramírez , dul Centre de Développement de la Femme Noire Péruvienne . Il y a beaucoup de racisme. Nous n’existons pas dans l’agenda politique. Si on fait la comparaison avec d’autres pays de la région, y compris dans les nations où la présence des afrodescendants est moins importante, ici presque rien n’a été fait. Si on reconnaissait au moins notre existence ce serait déjà un grand pas “, affirme Ramírez.

Le pire c’est que les péruviens n’admettent pas qu’ils sont racistes“, a expliqué Osvaldo Bilbao. Il y a une politique de dissimulation du racisme“. La rencontre de Chincha fait suite à la Conférence Mondiale contre le Racisme, la Discrimination Raciale, la Xénophobie et l’Intolérance qui y est Associée, tenue en Afrique du Sud en 2001, qui s’est terminé par une série de recommandations aux gouvernements, sur la façon d’inclure les communautés afro descendantes dans les politiques de santé, d’éducation et de lutte contre la pauvreté.
C’est triste et démoralisant de le dire, mais dans notre pays, cela n’a pas été fait“, affirme Bilbao.
Le spécialiste du Groupe de Travail des Personnes d’Ascendance Africaine, Joe Frans, indiquait que dans son pays, la Suède, le gouvernement a inclus dans le Programme National de Travail un engagement contre la discrimination et le racisme,  et a accepté de consacrer 1% du produit intérieur brut aux programmes de développement. Le racisme est lié par deux éléments, le pouvoir et les différences. C’est la mentalité qui nous fait nous voir différents les uns des autres, et cela devient un motif pour utiliser le pouvoir et traiter les autres de la pire des façons possible“, selon Frans.

Rapporteur spécial des Nations unies sur les formes contemporaines de racisme le sénégalais Doudou Diène, indiquait à IPS qu’il avait constaté qu’en Amérique Latine les nations se sont construites sur des structures discriminant les communautés indigènes et afro descendantes. Les nations latino américaines n’ont pas réussi à exprimer la multi culturalité dans le pouvoir et dans le gouvernement“, indique Diène. “Le cas du Pérou est particulièrement criard en comparaison à d’autres pays. Ici il n’existe pas de stratégie légale ni politique contre le racisme. Il y a énormément de choses a faire“, ajoute-t-il. La discrimination touche autant celui qui a quelque chose d’inca que celui qui a quelque chose de mandingue. (FIN/2005)

Traduit de l’Esapagnol par Guy everard Mbarga

http://www.ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=35695

PEROU : Racisme entre ”incas” et ”mandingues’ – Première partie-

23 août , 2007 at 1:38 | In Afro péruviens, Racisme | Leave a Comment

Par Ángel Páez

CHINCHA, Pérou 4 nov (IPS) – La tradition populaire dit que chaque péruvien a en lui quelque chose d’ “inga” (Inca) ou de mandinga (Mandingue) c’est-
à dire, d’indigène ou d’africain. Mais les descendants des esclaves noirs qui ont débarqué  dans cette région côtière située au sud de Lima par milliers entre le XVI et le XVIIème siècle, s’interrogent sur la validité de cet adage très enraciné.

Assez du Racisme, Pour un Pérou sans exclusion, dit

 l’Affiche lors d’une manifestation contre le Racisme

S’il est vrai que nous avons quelque chose d’inga (pour inca) ou de mandinga, (mandingue), pourquoi un afro descendant n’a jamais été président du Pérou en 184 années de vie républicaine? Pourquoi personne de notre couleur n’a jamais été chef de la Marine? Pourquoi n’y a t’il pas de programme de télévision  dirigés par les descendants des mandingues et qui s’adressent uniquement à eux?”, se demandait le directeur du Centre de Développement Ethnique, le péruvien  Osvaldo Bilbao. Bilbao participe à l’Atelier Régional des Amériques sur les Stratégies pour l’Inclusion de Personnes d’Ascendance Africaine dans les Programmes de Réduction de la Pauvreté, qui a choisi comme siège la localité pittoresque de Chincha, plaque tournante du commerce des esclaves du Sud Pacifique durant la période de la colonisation espagnole.La rencontre, qui se tient depuis mercredi et  prendra fin ce vendredi réunit les représentants de diverses organisations d’Afro descendants des pays d’Amérique Latine. Elle a été convoquée par le Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme. Bilbao a exposé l’expérience péruvienne et a mis l’accent sur l’évidence que dans ce pays il y a  un retard par rapport à l’avancée des autres pays.
Bilbao pense que le problème de fond c’est que les péruviens sont très racistes.
Ce qui est ironique c’est que  l’équipe de football la plus populaire, Alianza Lima, est par tradition afro descendante, l’expression religieuse qui attire le plus de supporters c’est-à-dire la procession du Seigneur des Miracles, fut initiée par les afro péruviens, la musique est puissamment influencée par les rythmes africains. Pourtant, un noir pourrait se voir interdire d’entrer dans une discothèque dans un quartier chic, à moins d’être accompagné par un blanc et d’avoir de l’argent.La discrimination raciale est structurelle et n’est ni anecdotique ni  isolée“, a indiqué Bilbao à IPS, lors d’une entrevue réalisée à Chincha, où ses ancêtres sont arrivés en tant qu’esclaves pour remplacer la main d’œuvre indigène.

Et ce que je dis ne se vérifie pas seulement dans le manque de participation effective et de représentation des communautés afro péruviennes, mais aussi dans leur invisibilité. Ici au Pérou, le noir est ton ami jusqu’à un certain point“, soutient-il.

Pour aborder ces problèmes, le président Alejandro Toledo a délégué à son épouse, l’anthropologue belge Eliane Karp, la direction de la Commission des Peuples des Andes, d’Amazonie et Afropéruviens (Conapa).

En moins de trois ans, l’organisme financé par la Banque Mondiale a échoué et fut désactivé sur fond d’une dénonciation de dilapidation des fonds. Karp est sous le coup d’une enquête. Pour remplacer la  Conapa, l’Institut National de Développement des Peuples des Andes, de l’Amazonie et Afropéruviens (Instituto Nacional de Desarrollo de Pueblos Andinos, Amazónicos et Afropéruviens , Indepa) a été créé. Mais rien n’y fait, l’Indepa n’inspire pas confiance.

La présidente de l’Association Noire Margarita, Silvia Villa, a exprimé ses doutes sur la réussite de l’Indepa.

Nous représentons presque 40% de la population du Pérou, et la majorité d’entre nous se trouve au même niveau ou en dessous du seuil de pauvreté, cependant à l’Indepa les afro descendants n’ont que deux représentants“, a-t-elle indiqué à l’IPS.

Pour ce qui est du Brésil, le gouvernement travaille avec les communautés afro descendantes, il y a des ministres ‘afros’. En Équateur, les communautés afro descendantes ont une loi qui leur est consacrée, mais au Pérou on doit encore se battre pour être visibles “, explique Silvia Villa.

Dans les émissions humoristiques de la télévision, les  blagues les plus classiques et récurrentes sont de deux types : celles qui font allusion aux comportements homosexuels ou celles relatives à la couleur de la peau des noirs.

La perception de la discrimination des péruviens descendants d’africains n’est pas isolée.

Si l’on tient compte des expériences dont nous avons entendu parler, il reste encore beaucoup à faire au Pérou. L’État n’est pas conscient de la situation. C’est une population très pauvre qui fait tout pour être visible, alors que dans d’autres pays, comme le mien, il existe des politiques concrètes pour les afro descendants “, indique  Deise Benedito, de l’organisation non gouvernemental brésilienne Fala Preta.

Traduit de l’espagnol par Guy everard Mbarga

http://www.ipsnoticias.net/nota.asp?idnews=35695

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