Conscience culturelle et ethnique des Afromexicains
24 août , 2007 at 12:12 | In AfroMexicain, Bobby Vaughn, Culture, Société | Leave a CommentJosé Carreño/Correspondant – El Universal Vendredi 13 mai 2005 Nación, page 17
Les afromexicains commencent à peine à avoir conscience d’eux-mêmes et de leur identité culturelle et ethnique, affirme Bobby Vaughn, de l’université Notre Dame de Namur. L’histoire officielle du Mexique “laisse les afromexicains en dehors de la conscience nationale” y compris pour eux-mêmes , indique l’universitaire dans l’introduction de son étude “Un examen de la negritud” au Mexique.(Un examen de la négritude au Mexique) .
Afromexicains, village de Petaca, Costa Chica
De fait, selon l’universitaire, beaucoup d’afromexicains n’ont même pas conscience de l’être, une affirmation partagée par d’autres spécialistes d’autres régions. Dans la zone de Veracruz, par exemple, la population d’origine africaine se considérait simplement comme “cubaine“. Même s’il ne semble pas avoir de nombreuses différences au sein de la population, il affirme que la réalité est que les afromexicains font face à des problèmes considérables relatifs à la couleur de leur peau, et il décrit des situations tant personnelles comme les problèmes de mariage, que d’autres liés aux opportunités d’emploi et de progrès social. Les problèmes de discrimination se posent lorsqu’ils quittent leur région, toutes les fois qu’on les considère fréquemment comme des étrangers, car de nombreux mexicains ne sont pas conscients qu’il y a des personnes d’origine africaine appartenant à la population. Vaughn indique que les problèmes des afromexicains n’ont pas diminué avec leur migration et ils se sont même un peu amplifiés pour ceux qui se sont établis aux Etats-Unis, où ils ne sont pas considérés comme afroaméricains, mais simplement comme “hispanos”. On trouve des groupes d’afromexicains à Chicago et en Caroline du Nord.Depuis 10 ans, Vaughn a centré son travail dans la région appelée “costa chica”, qui comprend une partie de la côte mexicaine du Pacifique, en partant d’Acapulco (Guerrero) au nord jusqu’à Puerto Ángel (Oaxaca) au sud.
Trois générations d’Afromexicains
Dans cette région, selon ses estimations, il y a entre 15 000 et 50 000 afromexicains dans la zone de Guerrero et environ 35 000 à Oaxaca. Ce ne sont cependant pas les seules régions du pays où sont implantées des populations de race noire ou qui en descendent.
Selon certaines estimations, il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 1 million de descendants d’esclaves africains emmenés au Mexique durant la colonie espagnole, particulièrement dans les régions de Guerrero, Oaxaca et Veracruz
© 2006 Copyright El Universal
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www2.eluniversal.com.mx/pls/impreso/version_imprimir?id_nota=125059&tabla=nacion
Afromexicains , oubliés et discriminés…
24 août , 2007 at 12:05 | In AfroMexicain, Culture, Discrimination, Histoire, Législation, Politique, Racisme, Revendications, Société, Économie | Leave a Comment![]() |
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Chris Kraul y Reed Johnson México, México. Une série de timbres postaux récemment émise et représentant un personnage populaire noir avec les lèvres exagérément volumineuses – issu d’une ancienne revue de bandes dessinées – a relancé une controverse au sujet des comportements raciaux au Mexique, six semaines après que le Président Vicente Fox se soit vu obligé de présenter ses excuses pour les observations qu’il avait faites et qui furent interprétés comme offensantes pour les noirs américains
Les cinq nouveaux timbres représentent un personnage de bande dessinée appelé Memín Pinguín, un gamin de ville grivois qui vit grâce à son génie et son courage, qui fut l’un des personnages de bande dessinée mexicaine les plus vendus. Créé par Yolanda Vargas Dulche en 1947, le personnage reste très connu, même si sa popularité a atteint les sommets dans les années cinquante et soixante. Un jour après l’émission des timbres, une grande agitation s’est faite ressentir lorsque des groupes de droits civils et de personnalités afro-mexicaines, y compris le chanteur pop Johnny Laboriel, affirmèrent que les images étaient scandaleuses.
Johnny Laboriel, Rocker afromexicain “Bien sûr que les gens vont être offensés par la caricature“, a indiqué Laboriel ce mercredi. “L’idée de publier ce timbre postal est une grande stupidité.Ils le font sans penser aux conséquences“. Gustavo Islas, directeur du service postaux du Mexique, a souligné que les timbres ont une valeur nostalgique. Nous n’avons aucune intention de les retirer de la circulation. “Quiconque considère ce personnage comme quelque chose d’offensant regarde les choses de manière totalement trompeuses”, a indiqué Islas, ajoutant que le personnage de bande dessinée est “un bon personnage sans que l’on donne une importance à la couleur de la peau“. Le ministère des Affaires extérieures a publié une déclaration indiquant que personne ne devait se sentir offensé, “de la même façon que Speedy González n’a jamais été interprété de manière raciale par les mexicains, du fait qu’il est un personnage de bande dessinée“, peut on lire dans la déclaration. Cette trainée de poudre se produit à la suite de l’indignation provoquée par les observations de Vicente Fox au milieu du mois de mai selon lesquelles les émigrants mexicains prennent des emplois que “même les noirs ne veulent pas faire aux Etats-Unis “. Fox a passé de nombreux jours à expliquer et à finalement s’excuser pour les “sentiments qu’il a pu blesser“. Il le fit personnellement devant le révérend Jesse Jackson, qui a rendu visite à Fox dans sa résidence officielle, Los Pinos, le 18 mai. Mercredi soir par téléphone, à Little Rock, Arkansas, Jackson a indiqué qu’il pensait que le “type zambo*” du timbre était humiliant et”de plusieurs façons pire que ce qu’avait dit le président Fox le mois dernier“. “J’ai appelé l’ambassadeur mexicain à Washington et je lui ai demandé d’appeler le président Fox et j’ai demandé qu’il présente des excuses et fasse retirer le timbre du marché‘, a indiqué Jackson. Le timbre oblige à présent le Mexique à réexaminer un problème qui reste normalement souterrain. Nombreux sont eux qui ici et ailleurs en Amérique Latine disent que leurs sociétés sont plus classistes que racistes pour expliquer la discrimination que subissent les indigènes et les noirs. L’argent et l’histoire familiale, selon eux, sont les véritables marqueurs sociaux. Mais de nombreux spécialistes de la société disent que les mexicains ayant la peau claire et d’origine européenne sont généralement avantagés dans la lutte pour l’emploi, l’ascension sociale, l’éducation et autres services publics. Il n’est pas fréquent que les pages de sociétés des journaux locaux présentent des mexicains noirs, et les indiens apparaissent rarement dans les programmes de télévision. “La société mexicaine est fondamentalement raciste et classiste“, affirme Guadalipe Loaeza, chroniqueuse dans un journal local. “La couleur de ta peau est la classe qui ouvre ou ferme les portes. Plus claire est la couleur de ta peau, plus de portes s’ouvrent pour toi“. Le racisme s’étend aux choix politiques, ajoute-t-elle. On pense que de nombreux mexicains de classe moyenne haute voteront contre le candidat à la présidence et maire de la ville de México, Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la Révolution Démocratique, car il est partiellement indigène et de peau basanée, indique Loaeza. Ce groupe de votants a tendance à appuyer Santiago Creel, du Parti de l’action Nationale, car il a la peau claire et les yeux bleus. Le racisme est une des multiples formes de discrimination qui existent au Mexique, comme l’indique une enquête publiée le mois dernier par le secrétariat fédéral due développement social. Il est indiqué que 80 pour cent des mexicains, parmi eux des femmes, des enfants, des indiens et des invalides et des personnes âgées souffrent d’une forme quelconque de discrimination. Au Mexique, le problème du racisme s’exprime souvent contre les indigènes qui reçoivent le pire traitement de “mille façons différentes“, affirme Loaeza. La discrimination anti-noire devrait être située dans un “contexte mexicain“, car l’histoire du pays est très différente de celle des Etats-Unis, indique le professeur Sagrario Cruz, de l’Université de Veracruz. “Il n y a pas eu au Mexique une lutte pour les droits civils“, indique Cruz. “Il n’existe pas une conscience d’être noir. La majorité des noirs mexicains ne se pensent même pas comme noirs‘. Cependant José Luis Gutiérrez Espíndola, du Consejo Nacional de Prevención de la Discriminación(Conseil National de la Prévention de la discrimination) affirme que de nombreux mexicains noirs se sentent marginalisés. Les noirs sont plus pauvres et reçoivent moins d’éducation et de services sociaux que tout autre groupe démographique mexicain, indique-t-il. “Ils ne se sentent pas intégrés au pays”. Gregory Rodríguez, un écrivain de Los Angeles qui est en train de réaliser une étude pour un livre sur la manière dont le passé du Mexique peut façonner le futur des Etats-Unis affirme que le Mexique est une incongruité raciale qui a évolué pendant cinq siècles, sans trouver de solutions un grand nombre de tensions qui la touchent. “Le Mexique n’est pas confortable quand vient le temps de traiter de son propre héritage blanc et métisse, encore moins de son héritage noir “, indique Rodríguez. Les sentiments que l’on retrouve au Mexique par rapport à son héritage noir, selon Rodríguez, peut être perçus à travers les descriptions artistiques de ses héros nationaux, comme, José María Morelos, un des chefs lors de la Guerre d’indépendance mexicaine. Sur certaines peintures et sculptures, Morelos, qui était partiellement noir est représenté avec la peau foncé et le cheveu bouclé .Sur d’autres, il a la peau claire et semble plus européen.
José María Morelos (1)
José María Morelos (2) La sociologue Luisa Strickland indique que les noirs mexicains -dont les ancêtres en majorité entrèrent au pays il y a des siècles par la ville portuaire de Veracruz, pour y travailler en tant que journaliers dans les plantations de sucre – sont “le peuple oublié et invisible” du Mexique. Les états de Veracruz et de Guerrero sont toujours les centres de concentration de la population noire et mulâtresse du Mexique, estimée à un peu plus de 1 million parmi les 105 millions de personnes que compte le pays. Presque 12 millions de mexicains sont indigènes. Les noirs de Veracruz selon Cruz dont fiers de leur origine, et particulièrement du chef des esclaves africains Gaspar Yanga, qui organisa une révolte à la fin du 16ième siècle et début du 17ième. Cette révolte se termina par l’établissement de Yanga, la première ville des noirs libres d’Amérique.
Gaspar Yanga Le Mexique a aboli l’esclavage en 1829, plus de trois décennies avant les États-Unis. Mais, malgré le fait que le racisme anti-noir soit interdit par la loi mexicaine, selon Cruz, la discrimination continue d’être évidente dans la culture populaire. “Il suffit de regarder la télévision mexicaine et de voir les types de personnes qui apparaissent à l’écran. Ils sont blonds aux yeux bleus. Beaucoup de mexicains ne savent même pas que nous avons une importante population noire“, indique Cruz. Le directeur des services postaux Islas a insisté sur le fait que les timbres servaient à commémorer un personnage culturel apprécié. “Dans le courrier, il n y a pas de races, il n y a pas de couleur, il n y a pas de position sociale”, indique t-il. “Il s’agit simplement d’un excellent service qui achemine des lettres dans les endroits les plus éloignés” ©los angeles times Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga Zambo : Adj, Américanisme, se dit d’une personne : fils-fille d’un noir et d’un(e) indien(ne). http://www.rebelion.org/ddhh/negras170601.htm |
NOIR, MEXICAIN ET INVISIBLE
23 août , 2007 at 2:26 | In AfroMexicain, Discrimination, Histoire, Législation | Leave a CommentLula N’zinga Strickland
Les données historiques et statistiques concernant les mexicains Afrodescendants et vivant au Mexique ne sont pas répertoriées dans les registres des recensements qui ont eu lieu au cours de l’histoire. Il n’est pas fait mention des noirs mexicains, en tant que groupe homogène dans l’histoire mexicaine, au point à tel point que de nombreux mexicains disent que ceux-ci n’existent pas.
Les mexicains se définissent comme étant des indiens ou des métisses (un mélange européen et autochtone). Ou ceux qu’on appelle Latinos, et rien d’autre. Depuis que l’Espagne a colonisé le Mexique en 1500 et presque exterminé les autochtones indiens, certains osent dire que le Mexique est un pays espagnol. Les noirs sont très rarement associés à l’histoire de cette terre.
Cependant, 9% de sa population est Afro-Mexicaine, sur un total qui oscille autour de 90 millions d’habitants.De nos jours, les noirs habitent dans chaque coin de la planète et constituent la base de nombreuses civilisations, Mais pour quelles raisons ceux parmi eux qui sont nés au Mexique manquent-ils de considération, pourquoi sont-ils marginalisés et relégués à la quasi invisibilité ? Dans une entrevue accordée par deux institutrices noires d’une école de Guerrero, au Mexique, celles-ci nous disent que l’histoire ne donne pas une image juste des noirs ; ils sont présentés comme des ivrognes, des bouffons et ils sont habituellement dénigrés pour la couleur de leur peau.
Et comble de malheur, ils se retrouvent au bas de l’échelle sociale comme l’indien. Les deux éducatrices interviewés m’ont indiqué que de nombreux noirs rejettent leur descendance noire.
Que s’est-il passé? La réponse est souvent la même que pour les autres africains esclavisés, emmenés dans le Nouveau Monde et vendus aux enchères. Il y a cependant une différence particulière au Mexique. 
Belle maman Afromexicaine
Ted Vincent relate dans son œuvre “Afro-Mexico” que depuis la guerre d’indépendance faite à l’Espagne en 1800, un général non espagnol avait négocié le “plan des trois garanties.” (plan de trés garantías).
La première était la garantie de l’indépendance, et la deuxième et la troisième étaient la garantie de protection de l’église, de la position économique des nantis, et de l’équité sociale pour la majorité des noirs. Plus tard, le premier Congrès du Mexique a transformé la clause d’équité en une clause de prohibition (interdiction), celle de mentionner la race ou les données historiques de l’église dans les documents officiels de l’État. Comme conséquence, le fait ethnique fut rayé des données historiques présentes et futures. Cette Loi importante reste en vigueur de nos jours. Vicent indique qu’un recensement incluant les différents groupes ethniques n’a pas été effectué depuis 1930.
Les africains capturés et emmenés en Amérique en tant qu’esclaves sont arrivés au Mexique en 1500 avec les espagnols pour travailler avec les indiens, proches de l’extermination, en tant que constructeurs, esclaves dans les mines d’argent et les immenses plantations de canne à sucre.
Comme nous indique le renommé Vicent, 300 000 à 500 000 africains furent emmenés au Mexique durant cette époque, et plus tard, plus de 100,000 esclaves furent importés des Philippines, de Bornéo, de la Nouvelle Guinée, de Malaisie et de Chine. Il en résulte une grande population non espagnole qui constitue désormais une part très importante de la société.
Certains noirs connaissent bien leur histoire. Elle importe peu pour d’autres. Certains racontent que leurs ancêtres sont arrivés sur ces côtes avec Hernán Cortes en 1519 ou avec les conquistadors espagnols en 1521.
La ville de Veracruz dans le Golfe du Mexique était le port d’entrée du commerce des esclaves durant le XVIème siècle, et comme conséquence de ce vil trafic, de nombreux descendants africains se trouvent dispersés dans la région.
En 1609, un militant du nom de Gaspar Yanga s’échappa des griffes l’esclavage et développa sa communauté de noirs marron dans les montagnes de VeraCruz. Les habitants de la localité ont élevé une statue en son honneur et ont mis sur pied un “festival annuel de Yanga” pour rappeler sa victoire dans la lutte pour la liberté de sa communauté.
Un autre grand nombre d’Afro-Mexicains vit regroupé sur la Côte du Pacifique Mexicain dans des hameaux construits il y a 300 ans. Sur la “Costa Chica“, dans des États tels que Guerrero et Morelos vivent également de nombreux afro descendants. Au cours des siècles, ils se sont mélangés avec les races indigènes (qui ont également été violemment discriminés) et ont formé de nombreuses nouvelles communautés. Par conséquent, l’Africain et l’Indien sont désormais membres de la même famille, comme le sont tous ceux de la diaspora.
De nombreux vestiges de la culture noire sont si forts qu’en plus de la couleur évidente de la peau pour certains et les traits de terre mère, l’écho de l’Afrique reste vivace dans la culture de l’Afro-Mexicain. Plusieurs éducateurs ont décidé de mentionner l’histoire des noirs dans en les salles de classe dans les régions où le fait négroïde est présent comme Cuajinicuilapa, Guerrero. On envisage la construction d’un centre culturel dédié à l’expérience Afro-Mexicaine.
Les mexicains Noirs sont identifiés sur la scène mondiale et leurs histoires sont promues sur toute la planète. Des chercheurs et certaines organisations y contribuent. Avec la pauvreté rampante, de plus en plus de noirs émigrent vers les États-Unis, même si beaucoup d’entre eux ont longtemps résidé en Californie.
Leur participation à la construction du Mexique a été supprimée des textes, leurs ancêtres africains ne sont pas mentionnés et leur culture unique a été promulgué exclusivement mexicaine par l’élite au pouvoir.
Leurs héros noirs tels que le président Vicente Guerrero au 19ième siècle (c’est lui qui aboli l’esclavage en 1829) n’est pas identifié comme tel dans l’histoire, ni dans les textes scolaires, le fameux “corrido” chanté par les muletiers noirs n’est pas identifié comme musique et danse orale traditionnelle africaine Les racines africaines de La Dansa del Diablo, (La Danse du diable) ne sont pas mentionnées. Malheureusement, la liste des omissions est interminable.
Mais, à présent, certains noirs-mexicains se réveillent peu à peu, et réclament fièrement leur ethnicité africaine, tout comme leur héritage mexicain..
Pour la première fois de l’histoire, ceux qui se trouvent sur la côte du Pacifique se sont réunis en 1997 et 1998 pour participer à la conférence intitulée “La Convention des Peuples Noirs.” En plus de discuter de leur héritage avec un professeur venu du Congo, ils évoquèrent également leur statut social et les problèmes qu’ils rencontrent dans le Mexique d’aujourd’hui. 
Têtes Olmèques aux traits africains
Il ne faut pas non plus oublier que des historiens comme le Dr. Ivan Van Sertima raconte que des voyageurs africains sont arrivés au Mexique en tant que explorateurs durant l’antiquité et avaient noué des relations avec la population native des lieux comme par exemple les Olmèques. Il met un accent particulier sur les fameuses têtes aux traits africains taillées dans la roche, découvertes dans la région de Veracruz. Ainsi, les mexicains invisibles deviennent peu à peu visibles, malgré la repression de la culture dominante la répression de la culture dominante.
Malgré la négation de leur existence en tant que groupe autonome par le gouvernement et leur auto-négation, les Afro-Mexicains réclament peu à peu leur place dans l’histoire du Monde. Comme d’autres africains de la diaspora, ceux du Mexique ont déclenché le mouvement vers la reconnaissance et le respect dans leur pays natal.
Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga
http://www.etnianegrapanama.org/comentarios.html
Petits Afro-mexicains
Yanga, histoire d’une rébellion
23 août , 2007 at 2:16 | In AfroMexicain, Histoire, Nègre Marrons, Rebellion, Yanga | Leave a Comment
Statue représentant Yanga
À la fin du XVIème siècle, la population indigène en Nouvelle Espagne avait considérablement diminué à cause des maladies et des mauvais traitements, mais elle restait plus nombreuse que celle des noirs, qui dans leur majorité étaient restés esclaves et dont un nombre moins important avait conquis la liberté en s’enfuyant, et constituant la classe appelée ”Negros Cimarrones“(Nègres Marrons).
Les africains n’étaient pas le moins du monde soumis et dès la période administrée par le premier Vice-roi Don Antonio de Mendoza, il y eut diverses tentatives de soulèvement, qui poussèrent ce dernier à ordonner de terribles exécutions pour qu’elles “servent de leçon“. Ceux-ci (les noirs) étaient arrivés en Nouvelle Espagne pour travailler dans les mines, et suivant la croyance selon laquelle un noir travaillait comme quatre indigènes. Ils occupaient également des taches domestiques et de majordomes dans les zones agricoles tropicales. Ils se distinguèrent dans ce dernier rôle par leur cruauté envers les indigènes, profitant du respect que ces derniers leur montraient, par crainte des maîtres espagnols, ce qui provoqua la protestation des religieux. Les Rois Espagnols interdirent alors que les noirs vivent dans les villages indiens.

Rue de Yanga, Veracruz, Mexique
En 1609, des rumeurs persistantes et des dénonciations couraient selon lesquelles le 6 janvier de la même année, les noirs allaient mener rébellion durant laquelle tous les blancs trouveraient la mort et qu’après cela, un roi noir serait élu.Le vice-roi Luis de Velazco fils, même s’il ne croyait pas à la rumeur, ordonna de punir les prisonniers noirs (par des coups de fouets) pour calmer les ardeurs et pour que cela serve d’avertissement. Certains s’étaient déjà soulevés à Veracruz, se réfugiant dans les chaines montagneuses situées entre le Cofre de Perote et le Citlaltépetl ou Pic d’ Orizaba, augmentant rapidement leur nombre avec l’arrivée d’esclaves en fuite et des hommes des castes fugitifs de la justice. Quelques uns se dédièrent à l’attaque des voyageurs, ce qui allait convaincre le vice-roi des rumeurs. Il organisa alors une expédition sous les ordres du capitaine Pedro González de Herrera, qui quitta Puebla le 26 février 1609, incluant dans ses troupes 2 aumôniers militaires pour qu’ils essayent de limiter le nombre d’insurgés par le biais de la prédication et de la persuasion. Les rebelles étaient dirigés par Yanga, un noir de la tribu des Bora du Haut Nil, de la Nation des Dinka dans le sud ouest de Gondoco, entre Bari et les Macaras.(*) Il était grand et bien bâti, et cela faisait 30 ans qu’il était en fuite et qu’il dirigeait les esclaves fugitifs. Il disait avoir du sang royal et qu’il aurait été roi s’il n’avait pas été mis en esclavage par les européens. Dans sa jeunesse, il dirigea lui même ses hommes, mais en vieillissant, il délégua ce rôle à un Angolais du nom de Francisco de Matosa, qui détruisait et incendiait les propriétés, tuant les hommes et capturant les femmes. Un jour, González de Herrera reçut un message de Yanga par l’intermédiaire d’un (prisonnier) espagnol libéré. Dans ce message, il le défiait de mesurer leurs forces et affirmait ceci : “…En attaquant et en incendiant les propriétés des Espagnols, ils ne faisaient que se rétribuer par la force des armes de ce qui leur était refusé. Ils leur envoyaient le porteur auquel ils n’avaient pas voulu donner la mort, pour qu’ils leur serve de guide et leur épargne la peine de les chercher…” Le 21 février, les forces espagnoles interceptèrent sur la route d’Orizaba une colonne de cavaliers qui s’en allaient incendier une propriété sucrière. Ils les firent s’enfuir en direction du quartier général où leur arrivée provoqua une panique générale ainsi. Une terrible émeute s’en suivit alors. González Herrera attaqua simultanément avec trois colonnes. Les noirs se défendaient en lançant des troncs d’arbres, des pierres et des flèches dont certaines allaient atteindre le capitaine et les deux missionnaires, sans pour autant les blesser grièvement.Les Espagnols contrattaquèrent avec vigueur et réussirent à atteindre le sommet d’une montagne où ils se retranchèrent, ce qui leur laissa la voie libre jusqu’au village – où se trouvaient Yanga, les femmes et les enfants. Ces derniers s’étaient enfuis en se rendant compte de l’approche des troupes. Le capitaine offrit la paix et le pardon, mais ne cessa pas de les pourchasser. Yanga et ses principaux hommes se rendirent, en promettant de livrer les noirs fugitifs et de fonder une ville, à condition qu’on leur accorde à tous la liberté. La ville en question serait en fait une forteresse pour les espagnols dans ses zones montagneuses, les noirs s’engageant à ne pas donner l’asile aux noirs fugitifs et aux bandits. Ils acceptaient ‘’ d’ être fidèles au Roi d’Espagne’’ et demandaient un Ministre de la Justice ainsi qu’un curé (soigneur) des âmes. Le Vice-roi accepta cette requête et indiqua le nouveau territoire pour la nouvelle ville à quelques encablures de la ville Córdoba. En 1618 fut fondée la localité du nom de San Lorenzo de los Negros, actuellement connu comme : YANGA, Veracruz, au Mexique. BIBLIOGR: .ALMANAQUE DE MEXICO 1981, ED. S.D.N. 1981. MEXICO A TRAVES DE LOS SIGLOS, EDITORIAL CUMBRE, MEXICO 1958 TOMO III PP 480 51.
Traduit de l’espagnol par Guy everad Mbarga
(*) Les différentes références géographiques et ethniques en gras sont difficiles à retrouver dans d’autres sources que ce texte publié sur Internet. L’auteur semble passer de références liées au pays d’origine en Afrique de l’époque de l’esclavage a d’autres liées à la Nouvelle Espagne. On se demande donc s’il s’agit de références historiques ou de références mythiques, ou alors des deux à la fois.
Afrodescendants mexicains, un peu d’histoire
23 août , 2007 at 2:14 | In AfroMexicain, Histoire | Leave a CommentLa participation des populations d’origine africaine à la construction de l’identité mexicaine, a été, sauf exception, un phénomène historique peu étudié, sinon totalement ignoré par la majorité des historiens mexicains.
Durant la période coloniale, la population africaine a eu à un moment donné une présence en nombre très importante ; et sa culture, par le biais d’un intense métissage, s’est fondue dans ce qui est aujourd’hui le Mexique. La forte présence indigène et l’acculturation rapide des africains –du fait en bonne partie de la diversité de leurs origines et de l’absence d’une langue commune- rendent difficiles une évaluation de nos jours des contributions culturelles et raciales des africains qui sont arrivés au Mexique ; on peut même affirmer qu’en terme de culture générale du mexicain, le sujet est presqu’inexistant.

Au cours des dernières années, l’intérêt pour l’étude et la réflexion de l’africanité au Mexique a crû, et il est certain que sa diffusion par le biais de la vidéo et de la télévision constituera une importante contribution à la divulgation de cette partie occulte de notre histoire. Les premiers africains arrivés au Mexique durant l’époque coloniale venaient en grande majorité des Antilles. Ces noirs étaient déjà passés par un processus de latinisation, raison pour laquelle on les appelait «ladinos».
Au courant du XVIème siècle, les marchands passaient leur temps à naviguer sur toutes les mers, faisant le trafic de l’ivoire, de l’or, d’espèces et surtout des esclaves qu’ils importaient d’Afrique en tant que main d’œuvre pour les entreprises coloniales d’Amérique. Les chiffres de la population africaine en Nouvelle Espagne ne sont pas précis ; la difficulté de les établir s’ajoute au fait qu’en plus du commerce légal, il existait une contrebande intense durant toute la période coloniale qui a introduit un nombre indéterminé d’esclaves dans toutes les colonies d’Amérique.

On peut estimer à partir des chiffres donnés par l’éminent spécialiste du sujet, le Dr. Gonzalo Aguirre Beltrán, que en 1570 il y avait 20 659 africains en Nouvelle Espagne, cent ans plus tard ce chiffre passait à 35089 et en 1742 leur nombre avait diminué pour s’établir à 20131. Cette variabilité numérique est sans doute due à l’intense métissage dans lequel les noirs se sont vus immergés depuis leur arrivée sur les nouvelles terres.
Les recherches sur la contribution des africains au développement économique et culturel de notre pays, sont très loin d’avoir été largement réalisées ; cependant au cours des dernières années, un groupe d’historiens a commencé à détecter dans l’immense patrimoine culturel de la nation, certaines traditions, coutumes, croyances et autres caractéristiques qui jusqu’à de récentes études n’étaient pas connues comme provenant de l’Afrique. Les africains au Mexique, comme c’est le cas dans les autres nations d’Amérique, ont contribué à la construction de notre pays par leur force de travail, par leur sang et par leur culture.
Traduit de l’Espagnol par Guy everard Mbarga
http://www.afromexico.org/index.htm
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