Noirs d’Amérique Latine

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Les afrodescendants en Amérique Ibérique

24 août , 2007 at 12:13 | In Culture, Discrimination, Démographie, Histoire, Racisme, Société | Leave a Comment
Malgré leur contribution importante au métissage ethnique, culturel et religieux en Amérique Ibérique, les afrodescendants ont toujours été une population invisibilisée. La discrimination ethnique et raciale qu’ils ont supporté au cours de l’histoire a mis de nombreux groupes de sa population dans une situation de marginalité, caractérisée par de forts indices de pauvreté et d’analphabétisme, autant en zone rurale qu’en zone urbaine.

Afrodescendante d’Amérique Latine


Cette même discrimination explique en bonne partie le fait que malgré son importance numérique, on éprouve des difficultés à connaître son nombre avec précision.

La plupart des estimations effectuées ont fait des appréciations à la baisse. Malgré cela, certaines publications récentes présentent des chiffres qui évaluent approximativement la population afrodescendante à 150 millions de personnes, soit environ un tiers de la population totale de l’Amérique Latine.

Les pays où l’on trouve le plus grand pourcentage d’afrodescendants au sein de la population sont la République  Dominicaine (84 pour cent), Cuba (62 pour cent) et le Brésil (46 pour cent). Suivent la  Colombie (26 pour cent), le Panama (14 pour ccent), le Vénézuela (10 pour cent), le Nicaragua (9 pour cent), l’Équateur (10 pour cent) et le Pérou (5 pour cent). Avec moins  de 5 pour cent de population afrodescendante, on peut citer des pays comme le Paraguay (3,5 pour cent), l’Uruguay (4 pour cent), le Honduras (2 pour cent), le Costa Rica (2 pour cent) et la  Bolivie (2 pour cent), selon des données obtenues du  rapport sur la situation des afrodescendants en Amérique Latine, réalisé en 2003, par la Consulta Interagencial sobre Raza en América Latina (IAC) et le Programme des Relations Raciales du Dialogue Interaméricain.

Esclaves noirs au Brésil

Malgré cette situation de marginalisation, les afrodescendants ont développé une culture qui leur est propre, et par laquelle ils ont contribué au métissage ethnique et culturel en Amérique Ibérique.   L’échange a été réalisé dans deux directions de telle sorte que l’héritage africain an fusionné à la fois avec la culture occidentale et avec la religion catholique. La faible connaissance de la situation des afrodescendants latino-américains, autre conséquence de son invisibilisation, a simplifié la perception de sa réalité.Ils constituent cependant une communauté très diverse et complexe, qui malgré leur origine commune,  présente des caractéristiques organisationnelles et culturelles propres dans chacun des pays latino-américains.

Afrodescendante d’Amérique Latine

L’origine et l’histoire des afrodescendants en Amérique Latine, met en évidence les obstacles structurels que cette population doit affronter pour améliorer sa situation. Cependant, certaines initiatives de l’État et l’action menée par cette population elle-même pour défendre ses droits montrent que malgré les difficultés, des avancées dans la lutte contre la discrimination des afrodescendants peuvent être opérées. Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbargahttp://www.ciberamerica.org/Ciberamerica/Castellano/Areas/identidad/diversidad/afrodescendientes/inicio.htm

Afromexicains , oubliés et discriminés…

24 août , 2007 at 12:05 | In AfroMexicain, Culture, Discrimination, Histoire, Législation, Politique, Racisme, Revendications, Société, Économie | Leave a Comment
Bas de page

Chris Kraul y Reed Johnson México, México. Une série de timbres postaux récemment émise et représentant un personnage populaire noir avec les lèvres exagérément volumineuses – issu d’une ancienne revue de bandes dessinées – a relancé une controverse au sujet des comportements raciaux au Mexique, six semaines après que le Président Vicente Fox se soit vu obligé de présenter ses excuses pour les observations qu’il avait faites et qui furent interprétés comme offensantes pour les noirs américains

Les cinq nouveaux timbres représentent un personnage de bande dessinée appelé Memín Pinguín, un gamin de ville grivois qui vit grâce à son génie et son courage, qui fut l’un des personnages de bande dessinée mexicaine les plus vendus. Créé par Yolanda Vargas Dulche en 1947, le personnage reste très connu, même si sa popularité a atteint les sommets dans les années cinquante et soixante.

Un jour après l’émission des timbres, une grande agitation s’est faite ressentir lorsque des groupes de droits civils et de personnalités afro-mexicaines, y compris le chanteur pop Johnny Laboriel, affirmèrent que les images étaient scandaleuses.

Johnny Laboriel, Rocker afromexicain

“Bien sûr que les gens vont être offensés par la caricature“, a indiqué Laboriel ce mercredi. “L’idée de publier ce timbre postal est une grande stupidité.Ils le font sans penser aux conséquences“.

Gustavo Islas, directeur du service postaux du Mexique, a souligné que les timbres ont une valeur nostalgique. Nous n’avons aucune intention de les retirer de la circulation.

“Quiconque considère ce personnage comme quelque chose d’offensant regarde les choses de manière totalement trompeuses”, a indiqué Islas, ajoutant que le personnage de bande dessinée est “un bon personnage sans que l’on donne une importance à la couleur de la peau“.

Le ministère des Affaires extérieures a publié une déclaration indiquant que personne ne devait se sentir offensé, “de la même façon que Speedy González n’a jamais été interprété de manière raciale par les mexicains, du fait qu’il est un personnage de bande dessinée“, peut on lire dans la déclaration.

Cette trainée de poudre se produit à la suite de l’indignation provoquée par les observations de Vicente Fox au milieu du mois de mai selon lesquelles les émigrants mexicains prennent des emplois que “même les noirs ne veulent pas faire aux Etats-Unis “. Fox a passé de nombreux jours à expliquer et à finalement s’excuser pour les “sentiments qu’il a pu blesser“. Il le fit personnellement devant le révérend Jesse Jackson, qui a rendu visite à Fox dans sa résidence officielle, Los Pinos, le 18 mai.

Mercredi soir par téléphone, à Little Rock, Arkansas, Jackson a indiqué qu’il pensait que le “type zambo*” du timbre était humiliant et”de plusieurs façons pire que ce qu’avait dit le président Fox le mois dernier“.

“J’ai appelé l’ambassadeur mexicain à Washington et je lui ai demandé d’appeler le président Fox et j’ai demandé qu’il présente des excuses et fasse retirer le timbre du marché‘, a indiqué Jackson.

Le timbre oblige à présent le Mexique à réexaminer un problème qui reste normalement souterrain. Nombreux sont eux qui ici et ailleurs en Amérique Latine disent que leurs sociétés sont plus classistes que racistes pour expliquer la discrimination que subissent les indigènes et les noirs. L’argent et l’histoire familiale, selon eux, sont les véritables marqueurs sociaux.

Mais de nombreux spécialistes de la société disent que les mexicains ayant la peau claire et d’origine européenne sont généralement avantagés dans la lutte pour l’emploi, l’ascension sociale, l’éducation et autres services publics.

Il n’est pas fréquent que les pages de sociétés des journaux locaux présentent des mexicains noirs, et les indiens apparaissent rarement dans les programmes de télévision.

“La société mexicaine est fondamentalement raciste et classiste“, affirme Guadalipe Loaeza, chroniqueuse dans un journal local. “La couleur de ta peau est la classe qui ouvre ou ferme les portes. Plus claire est la couleur de ta peau, plus de portes s’ouvrent pour toi“.

Le racisme s’étend aux choix politiques, ajoute-t-elle.

On pense que de nombreux mexicains de classe moyenne haute voteront contre le candidat à la présidence et maire de la ville de México, Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la Révolution Démocratique, car il est partiellement indigène et de peau basanée, indique Loaeza. Ce groupe de votants a tendance à appuyer Santiago Creel, du Parti de l’action Nationale, car il a la peau claire et les yeux bleus.

Le racisme est une des multiples formes de discrimination qui existent au Mexique, comme l’indique une enquête publiée le mois dernier par le secrétariat fédéral due développement social.

Il est indiqué que 80 pour cent des mexicains, parmi eux des femmes, des enfants, des indiens et des invalides et des personnes âgées souffrent d’une forme quelconque de discrimination.

Au Mexique, le problème du racisme s’exprime souvent contre les indigènes qui reçoivent le pire traitement de “mille façons différentes“, affirme Loaeza.

La discrimination anti-noire devrait être située dans un “contexte mexicain“, car l’histoire du pays est très différente de celle des Etats-Unis, indique le professeur Sagrario Cruz, de l’Université de Veracruz.

“Il n y a pas eu au Mexique une lutte pour les droits civils“, indique Cruz. “Il n’existe pas une conscience d’être noir. La majorité des noirs mexicains ne se pensent même pas comme noirs‘.

Cependant José Luis Gutiérrez Espíndola, du Consejo Nacional de Prevención de la Discriminación(Conseil National de la Prévention de la discrimination) affirme que de nombreux mexicains noirs se sentent marginalisés. Les noirs sont plus pauvres et reçoivent moins d’éducation et de services sociaux que tout autre groupe démographique mexicain, indique-t-il. “Ils ne se sentent pas intégrés au pays”.

Gregory Rodríguez, un écrivain de Los Angeles qui est en train de réaliser une étude pour un livre sur la manière dont le passé du Mexique peut façonner le futur des Etats-Unis affirme que le Mexique est une incongruité raciale qui a évolué pendant cinq siècles, sans trouver de solutions un grand nombre de tensions qui la touchent.

“Le Mexique n’est pas confortable quand vient le temps de traiter de son propre héritage blanc et métisse, encore moins de son héritage noir “, indique Rodríguez.

Les sentiments que l’on retrouve au Mexique par rapport à son héritage noir, selon Rodríguez, peut être perçus à travers les descriptions artistiques de ses héros nationaux, comme, José María Morelos, un des chefs lors de la Guerre d’indépendance mexicaine. Sur certaines peintures et sculptures, Morelos, qui était partiellement noir est représenté avec la peau foncé et le cheveu bouclé .Sur d’autres, il a la peau claire et semble plus européen.

José María Morelos (1)

José María Morelos (2)

La sociologue Luisa Strickland indique que les noirs mexicains -dont les ancêtres en majorité entrèrent au pays il y a des siècles par la ville portuaire de Veracruz, pour y travailler en tant que journaliers dans les plantations de sucre – sont “le peuple oublié et invisible” du Mexique.

Les états de Veracruz et de Guerrero sont toujours les centres de concentration de la population noire et mulâtresse du Mexique, estimée à un peu plus de 1 million parmi les 105 millions de personnes que compte le pays. Presque 12 millions de mexicains sont indigènes.

Les noirs de Veracruz selon Cruz dont fiers de leur origine, et particulièrement du chef des esclaves africains Gaspar Yanga, qui organisa une révolte à la fin du 16ième siècle et début du 17ième. Cette révolte se termina par l’établissement de Yanga, la première ville des noirs libres d’Amérique.

Gaspar Yanga

Le Mexique a aboli l’esclavage en 1829, plus de trois décennies avant les États-Unis. Mais, malgré le fait que le racisme anti-noir soit interdit par la loi mexicaine, selon Cruz, la discrimination continue d’être évidente dans la culture populaire. “Il suffit de regarder la télévision mexicaine et de voir les types de personnes qui apparaissent à l’écran. Ils sont blonds aux yeux bleus. Beaucoup de mexicains ne savent même pas que nous avons une importante population noire“, indique Cruz.

Le directeur des services postaux Islas a insisté sur le fait que les timbres servaient à commémorer un personnage culturel apprécié.

“Dans le courrier, il n y a pas de races, il n y a pas de couleur, il n y a pas de position sociale”, indique t-il. “Il s’agit simplement d’un excellent service qui achemine des lettres dans les endroits les plus éloignés”

©los angeles times

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Zambo : Adj, Américanisme, se dit d’une personne : fils-fille d’un noir et d’un(e) indien(ne).

http://www.rebelion.org/ddhh/negras170601.htm

L’Afroréalisme, Une dimension nouvelle de la littérature latino-américaine (Première Partie)

23 août , 2007 at 11:50 | In AfroRéalisme, Culture, Discrimination, Histoire | Leave a Comment

Universidad Nacional , Costa Rica - qduncan@yahoo.com

Le thème de la présence des noirs en Amérique Latine et dans les Caraïbes a été abordé par des auteurs tels que Demetrio Aguilera Mata de l’Équateur; Joaquín Beleño du Panama et Joaquín Gutiérrez du Costa Rica, avec des résultats différents, qui vont du paternalisme humaniste à la caricature stéréotypée.  Il existe une autre vision de l’extérieur, celle d’auteurs comme Alejo Carpentier de Cuba et Fabián Dobles du Costa Rica, qui développent des personnages noirs, dépassant le niveau de la caricature et de la stigmatisation.  Ces auteurs nous donnent une vision interethnique, selon la terminologie de Lorein Powell. (Duncan et Powell, 1988).

 

 

 

 

 

Mais ce serait Nicolás Guillén, qui, avec sa subversion idiomatique aurait ouvert la voie à une approche différente.  Et une génération d’auteurs afro latinos se sont appropriés cette tendance et l’ont travaillé avec enthousiasme.

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Nicolás Guillén

On laisse de côté pour une référence future l’œuvre d’auteurs noirs qui ne suivent pas le courant afroréaliste, soit parce que leur vision est différente, soit parce que leur œuvre a été éditée par les secteurs dominants et par conséquent soigneusement censurée.

En 1977, le spécialiste nord américain Richard Jackson se demandait si une littérature  “afro” était possible dans un contexte hispanique. En 1984,  le trinidadien Ian Smart a suggéré une réponse, en identifiant les auteurs caribéens comme étant les porteurs de ce nouveau courant littéraire. Mais malgré l’abondante production et les nombreuses thèses, articles et livres dédiés à ces auteurs, ils occupent une place marginale selon le canon de la “main stream“.

Plusieurs explications peuvent être avancées. De la plus simpliste, qui consiste à recourir à la thèses populaire latinoaméricaine selon laquelle il n’existe pas un problème ethnoracial, mais plutôt un problème de classes (ce qui n’explique pas pourquoi les indiens ne sont pas Évêques) ou son contraire, qui consiste à tout réduire à la présence de stéréotypes racistes hérités de la colonie et soigneusement cultivés  par les théoriciens latinoaméricains (Sarmiento, Bunge et autres).

Entre ces deux thèses extrêmes, qui s’avèrent réductrices dans ce contexte, on peut essayer une série d’explications intermédiaires.

Les spécialistes semblent ne pas avoir capté la genèse d’une littérature afro hispanique, avec ces  contours propres, symboles et mythes qui ne correspondent pas aux définitions canoniques. Des auteurs comme  Pilar Barrios (Uruguay, 1947), Manuel Zapata Olivella (Colombie, 1963) Quince Duncan (Costa Rica, 1968) Cubena (Panama, 1977) –et à partir des années  80 la liste s’agrandit- ont progressivement défini cette nouvelle tendance que nous appellerons afroréaliste.

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Manuel Zapata Olivella

A partir de Nicolás Guillén, le rythme et la terminologie africaines cessent d’être des éléments décoratifs de notre littérature latinoamericaine, même si les critiques ne s’en sont pas rendu compte. Il initie ce courant dans une perspective inter ethnique, la vision de l’intérieur. Motivos del Son constitue une des plus grandes révolutions dans les littératures hispaniques.

Les critiques de la “main stream” latinoamericaine,  eurent évidemment des problèmes avec Guillén. Il était déjà reconnu pour sa poésie antérieure, entièrement en concordance les patrons classiques de la poésie espagnole. Guillén allait produire plus tard une poésie ayant des caractéristiques variées.

Le terme afrorealisme se justifie car ce courant littéraire n’utilise pas les référents traditionnels de la littérature de la “main stream”, comme le font les écrivains du “boom”. Il n’évoque pas le mythe grec, ni le folklorisme.  Il ne s’agit pas d’une littérature négriste, et elle ne suit pas non plus le courant de la négritude. Ce n’est pas du réalisme magique. Il s’agit d’une nouvelle expression, qui réalise une subversion africanisante de la langue, ayant recours à des référents mythiques inédits et même marginaux, tels que le Muntu,  le Samanfo, l’Ebeyiye, la revendication des déités telles que Yemayá, et l’incorporation d’éléments de l’anglais créole de la côte.

Ces éléments ne sont pas décoratifs dans l’œuvre de ces auteurs, mais plutôt médullaires dans la recherche de l’identité, la réconciliation avec son héritage culturel arraché, et l’assomption de son ethnicité afro hispanique. Et contrairement à certains compatriotes, ils ne considèrent pas la diversité ethnique comme un danger pour l’unité nationale, mais ils l’adoptent comme une richesse.

Nous proposons de considérer que c’est á partir de ce changement de paradigme qu’il faut comprendre la non incorporation de ces auteurs dans les canons de la “main stream”;  mais avant cela, il devrait y avoir un processus de réappropriation de cette dimension marginalisée ou niée de notre culture.

Comme indiqué plus haut, avant  1984 le trinidadien Ian Smart a signalé l’existence d’une littérature  “afro” en Amérique Centrale, distincte de la littérature hispanique traditionnelle. Il la qualifia de “West Indian“, c’est-á-dire la littérature des auteurs descendants d’immigrants des Caraïbes anglophones qui se sont établis en Amérique Centrale pour constituer la main d’œuvre pour les grands travaux d’infrastructures de la deuxième moitié du XIXème siècle, comme ce fut le cas pour la construction du canal de panama et des chemins de fer, ainsi que pour la culture de la banane, du cacao et autres.

Mais une observation plus large a démontré que le phénomène va au delà de ce cadre. En réalité, il s’agit d’un processus continental.

Ce qui précède nous a motivé à proposer à partir de 1996 (Un Señor de Chocolate) le terme afroréalisme, pour dénommer ce nouveau courant, qui peut être distingué par les six caractéristiques de base suivantes :

  • L’effort de restituer la voix afro américaine par le biais de l’usage d’une terminologie afro centrique.
  • La revendication de la mémoire symbolique africaine.
  • La restructuration éclairée (informée) de la mémoire historique de la diaspora africaine.
  • La réaffirmation du concept de communauté ancestrale.
  • L’adoption d’une perspective intra centrique.
  • La recherche et la proclamation de l’identité afro.

Le premier élément, la restitution de la voix, passe par la terminologie employée. Comme nous l’avons signalé, Nicolás Guillen avec l’introduction de termes tels que “Mayombe bombe mayombé ” et “sensamayá“  exprime une véritable révolution linguistique et poétique dans les littératures hispaniques.  Il s’agit d’un acte de subversion poétique qui est assumée par un bon nombre d’auteurs à partir des années quarante.  Les orateurs et les narrateurs afro latinos, commencent à restituer à la communauté afrodescendante sa propre voix. Cette nouvelle signification transcende même le cadre littéraire, lorsque Carlos Guillermo Wilson, le nouvelliste et poète afro panaméen,  après avoir demandé fâché : “Quel malheur ? je suis Ashanti et on m’appelle Carlos“, choisit comme nom littéraire Cubena, qui dans la tradition Ashanti est un homme né un mardi. Dans sa nouvelle Malambo, Lucía Charún Illescas, l’auteure péruvienne fait exécuter un chant par le narrateur : “aye, aye, sabangolé” Dame tu agua para bebé /ñeque ecolecuá /ñizca de agua que corre ya“.

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Carlos “Cubena” Guillermo Wilson

Le deuxième élément est la revendication de la mémoire symbolique africaine, l’élément de plus grande envergure. Une partie importante de la littérature latinoaméricaine dans ses courants traditionnels, revendique la perspective poétique et narrative euro centrique. Cela part de la dichotomie civilisation-barbarie, si traditionnelle dans notre culture. Cette dichotomie, héritée du système colonial des castes et renforcée et relancée par le darwinisme social cultivé par les élites créoles est présent mêmes de nos jours.

Comme tout le monde le sait, le système colonial des castes hiérarchisait les habitants des colonies selon des critères ethno-raciaux. Le noir fut inventé pour lui nier sa condition de Yoruba, Ashanti, Mandingue, Bantou, et en même temps, par contrepoint, on inventa le blanc, qui malgré le fait qu’il continuait d’être Français, Allemand, Anglais, Portugais, avait désormais un espace d’appartenance plus large, qui n’était plus concrétisé dans la tradition gréco-romaine, mais par une catégorie raciale. L’idéologie du blanchissement allait ainsi bien s’établir, rendant souhaitable la condition de blanc et méprisable toute autre condition.

Le concept des castes n’était pas une question symbolique : elle déterminait les emplois, elle déterminait l’insertion sociale de chaque individu dans la hiérarchie coloniale et certaines fois, elle représentait la différence entre vivre et mourir.

Le système de castes fut formellement aboli la première fois par l’Afro mexicain Morelos qui décréta que, à partir de sa proclamation libératrice, on ne distinguerait plus les habitants en tant que indiens, ni mulâtres, mais plutôt en tant qu’américains. Mais cette abolition formelle et légale n’a pas éradiqué la vision du monde.

L’idéologie du blanchissement fut renforcée par les élites qui se sont établie de façon hégémonique après l’indépendance, avec des critères du darwinisme social. Cette doctrine a pris en Amérique Latine deux formes concurrentes : l’europhilie et l’ethnophobie.

En effet, à partir de la dichotomie civilisation-barbarie, ce qui est propre est dévalué, car barbare et primitif, tandis qu’on exalte ce qui est étranger, car civilisé et cultivé. Autrement dit, il en est résulté une exaltation extrême de ce qui est européen (europhilie) et une négation ainsi qu’une dévaluation de la diversité ethno-raciale (etnophobie). On suppose que l’ethnicité est une menace contre l’unité nationale.

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Domingo Faustino Sarmiento

Domingo Faustino Sarmiento, intellectuel argentin acclamé par beaucoup comme “le grand maître de l’Amérique“  se plaignait de ce qu’il considérait comme un malheur: le métissage. “Les races américaines vivent dans l’oisiveté et se montrent incapables, même par la contrainte, de se consacrer à un travail dur et continu “. Autrement dit, le métissage est indésirable, raison pour laquelle l’Amérique serait condamnée, à moins, bien sûr qu’il y ait une substitution de la population locale par les immigrants européens, idéologie qui justifia le génocide indigène sur note continent.  Carlos Bunge pour sa part au début du XXème siècle, affirmait que l’africain avait une capacité de pensée et de travail moindre que l’européenne.

“Cela est évident –affirmait-il du noir – il n’ a pas inventé le télégraphe ni le chemin de fer, il n’est pas un artiste créateur, il n’est pas un entrepreneur persévérant (…) jusqu’à présent, sous aucun climat et sous aucun gouvernement le noir n’a rendu à l’humanité des services au niveau intellectuel et de gestion” (Anglarill, 1994).

Traduit de l’Espagnol Guy Everard Mbarga

http://www.denison.edu/collaborations/istmo/n10/articulos/afrorealismo.html

Les Afro boliviens n’augmentent pas à cause de l’amour et de la fatalité

23 août , 2007 at 11:48 | In AfroVénézuélien, Culture, Discrimination, Histoire, Racisme, Société | Leave a Comment

La communauté afrobolivienne souhaite réaffirmer son identité dans le pays, même si elle ne peut ignorer l’avancée du métissage. Un travail de plusieurs années lui a permis d’obtenir la reconnaissance et d’éviter qu’on appelle ses membres des nègres. Les afrodescendants boliviens souhaitent préserver leur culture.

“Quand on tombe amoureux d’une personne de culture différente, on ne peut rien faire contre cela, c’est simplement que l’amour est là ”. C’est ainsi que  Marfa Inofuentes une des leaders du Mouvement Afrobolivien a débuté son commentaire.

 

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Marfa Inofuentes et Jorge Medina

du Mouvement Afrobolivien

La communauté afro descendante est très inquiète , car entre décembre 2004 et le jeudi 24 septembre dernier, il y a eu jusqu’à 13 décès (en son sein), de personnes presque tous parentes des membres du Mouvement Afrobolivien. Pour Jorge Medina, leader des hommes, la mort n’est qu’un adieu “virtuel”, puisque le corps est enterré et l’esprit reste roder pour protéger ceux qu’il a laissés. La communauté reçoit l’esprit, par le biais du  Mauchi, une cérémonie spéciale durant laquelle des strophes sont chantées en langue africaine. Les célibataires et les enfants n’ont pas le droit d’entonner les chants, car ce sont encore de petits anges”. Au cours d’une rencontre de jeunes afrodescendants dans les Yungas est ressorti au grand jour un thème de grand débat, comme l’indique Marfa Inofuentes. “Une préoccupation a fait jour : le fait que nous sommes en train de disparaître, je ne sais pas pourquoi nous les femmes nous n’aimons pas les hommes noirs et eux n’aiment pas les femmes noires, si nous ne nous entendons pas mieux entre hommes et femmes afro descendantes, au bout du compte notre population va disparaître en quelques années ; mais il peut  encore y avoir un processus de conscientisation, surtout avec les jeunes ”, commente-t-elle. Pour l’historien Fernando Cajías le métissage ne doit pas faire craindre la disparition.

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Danseurs de Saya bolivienne

“Il s’agit d’un métissage dans lequel la culture forte est toujours celle afrodescendante, et non l’autre. C’est à dire que  les enfants des afrodescendants continuent de danser la saya, ils s’imposent. L’origine ne se limite pas à la couleur de la peau, c’est aussi un sentiment”, affirme-t-il en rappelant une sagesse colombienne qui dit que la culture afro est propre aux gens de peau chocolat, mais aussi à ceux qui ont un cœur en chocolat. “Je me considère comme quelqu’un ayant un tel cœur”. En 1997, un dénombrement a été effectué sur plus de 90% du territoire national par la Banque Interaméricaine de Développement (Banco Interamericano de Desarrollo, BID). Il a révélé l’existence de 20.000 afro boliviens. “Nous pensons que nous sommes environ 32 000”, indique Marfa qui se plaint que le dernier recensement ne les ait pas pris en compte. L’Institut National de Statistique a pris un engagement envers ce groupe qui réclame une place. En 2006, un recensement spécifique sur sa population sera effectué. La race afro descendante est dispersée dans tout le pays, mais la majeure partie d’entre eux est concentrée dans la région des Yungas, principalement à Chicaloma, Coripata et Tocaña. “Nous avons dans la communauté plus de jeunes, plus d’enfants et d’adultes. Nos anciens sont nos bibliothèques, mais il n’en reste désormais que très peu”, raconte le leader, qui jusqu’à ses 18 ans ignorait la puissance des rythmes cadencés de la saya qu’il a hérité de ses ancêtres.

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Procession religieuse lors de

l’inauguration d’un Centre Culturel Afro

“Peut-être que nous ne nous serions jamais unis si ce n’était pas par le biais de la musique. C’est comme ça que nous avons pu arriver où nous sommes, notre langage c’est la musique”. Malgré la musique, dans la région des Yungas, avant la mise sur pied du Mouvement Afrobolivien, il existait entre eux-mêmes une certaine distance et un rejet. “Ceux du nord ne supportaient pas ceux du sud, mais par le fait de danser la saya et de sauvegarder par l’oralité des anciens, les tenues vestimentairs, les mouvements et le sens que tout cela revêt, nous nous sommes rendus compte que nous devions être unis ”, souligne-t-elle. Elle indique que le seul langage entre eux et les autres c’est la musique. “Avec la musique nous nous exprimons, nous revendiquons, nous réclamons(…)”. En 1994 eu lieu la première rencontre des afro descendants au pays. Aujourd’hui ils cherchent à gagner des places là ou ils sont reconnus, au delà du football et de la saya afro bolivienne. Personnalités Afrodescendantes

Même si dans l’histoire officielle il n y a aucun héros afrodescendant, l’historien  Fernando Cajías affirme que le mulâtre Franciscote a brillé par son courage durant le processus d’indépendance de la Bolivie. Durant le XXème, personne de cette race ne se distingue, mais au sein des populations Yungas, on fait référence à Pedro Andaverez de Chicalomo qui aurait sauvé la vie de l’ancien maire, le général  Armando Escóbar Uría.

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Même si elle ne gravite pas sur la vie du pays, on peut citer la famille Pinedo. Des rêves de liberté et de reconnaissance sociale ont germé au sein d’elle. Comme élément de la tradition africaine a surgi le roi Bonifacio Pinedo, dont Julio Pinedo a hérité du trône. Son fils lui sucédera. Le catéchiste de Tocaña Luis Inofuentes se distingue également. Les footballeurs comme les frères Iriondo, ainsi que Castillo, Natalio Flores ou encore Demetrio Angola ont quand à eux obtenu une reconnaissance au niveau national. Les afro descendants réclament de plus la paternité du Yungueñito(1). Ils décrivent le long processus par lequel l’alcool, la cannelle et la sultanine deviennent élixir. L’historien Fernando Cajías distingue quatre périodes dans l’histoire de la race afro bolivienne. L’arrivée dans la Colonie, jusqu’à la Guerre d’Indépendance, durant laquelle la figure du caudillo mulâtre Franciscote se distingue. La seconde étape, avec Bolivar qui avec la Constitution Politique de 1825 établit la liberté des esclaves, cependant cette liberté tarde à se matérialiser, et 20 ans après le discours, le gouvernement Manuel Isidoro Belzu instaure la liberté (effective) des esclaves

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Danseuses de Saya

“À partir de ce moment, la population noire se déplace dans les  Yungas et change de condition (sociale), en passant du statut d’esclave à celui d’ouvrier (agricole)”, indique  Cajías. L’avènement de la Réforme Agraire a transformé les afroboliviens en propriétaires de petites propriétés de particulièrement de plantations de coca. Pour Cajías, l’étape actuelle correspond à la quatrième période, marqué par la diaspora, la migration dans les villes  à la recherche du travail et de l’éducation. “La plus grande caractéristique de cette période c’est l’émergence de la prise de conscience de la culture afro. Le Mouvement permet une auto affirmation de sa race”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.la-razon.com/Versiones/20051002_005317/nota_250_208240.htm

Afrodescendants du Panama et discrimination raciale

23 août , 2007 at 2:32 | In Afropanaméen, Discrimination, Démographie, Histoire, Revendications, Société | Leave a Comment

Los afropanaméens participent peu aux charges publiques

Il raconte cette histoire avec la voix de ceux qui gardent vivants ces moments presque occultes de l’arrivée de Jorge Illueca à la présidence du Panama. Certains doutaient alors de la réception positive qui allait lui être  réservée, tandis que d’autres plaidaient qu’il fallait se ” résigner à avoir un président noir“. Il a passé huit mois au pouvoir, et malgré les commentaires qui circulaient à l’époque, il ne se rappelle pas avoir été discriminé, car disait-il alors à El Panamá América : “Je n’ai pas de complexes“. Cependant, Rubén Darío Paredes, général à la retraite des anciennes Forces de Défense n’oublie pas ses phrases et leur donne plus d’importance en qualifiant la discrimination raciale de “tendance silencieuse” de laquelle n’échappe pas le gouvernement actuel, car parmi ceux qui occupent les charges publiques, on ne voit presque pas des “gens à la peau brune“. L’avocat Melvin Brown ne se souvient pas  qu’un jour Illueca se soit clairement identifié en tant que noir. Cependant, si on parle des présidents afro panaméens comme Illueca, on peut dire “qu’au Panama, tous l’ont été” d’un point de vue ethnique. Sa thèse s’appuie sur les études scientifiques et anthropologiques comme celles réalisées par le National Geographic qui indique que “l’Humanité est née en Afrique “.

Ce qui, reconnait-il a constitué une révolution dans la conception de la race et de l’ethnie. Pourquoi ? Simplement car cela voudrait dire, selon Brown, que “tous les êtres humains ont des racines africaines” du moment qu’on ne prend pas en compte la spécificité ethnique.

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Carte du Panama

L’Ambiguité de l’égalité
Les afro panaméens représentent plus de la moitié de la population panaméenne, mais la pauvreté et la marginalisation continuent de coller spécifiquement à leur peau. Les quartiers populaires et la dure réalité économique dans les régions traditionnellement pauvres des provinces comme celle de Colon, Darien et Panamá relatent l’histoire d’une ethnie noire qui a dit adieu à l’esclavage pour ouvrir la voie aux stéréotypes raciaux de cette époque.
Par conséquent, selon certaines des personnes consultées par El Panamá América,  l’égalité s’est cette fois  avérée contreproductive. Le sociologue Gerardo Maloney et le Rapport National du Développement Humain (INDH) Panama 2002 abondent clairement dans le même sens.

Et de fait, selon les deux sources, étant donné que les afro panaméens ne sont liés directement à aucun secteur spécifique dans les plans et les programmes de développement, il est peu probable qu’il y ait une avancée significative en matière sociale.

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CAMILIO AZUQUITA , maître panaméen de

 

la Salsa – Les noirs célèbres au Panama sont

 

soient Sportifs (boxeurs…) soit musiciens…

En d’autres termes, la délinquance, la mendicité, la faible estime de soi et la discrimination ont encore de beaux jours devant eux. Selon Maloney, ce concept, qui dans la Constitution Nationale promulgue l’égalité de tous les panaméens quelque soit leur “race, religion, classe sociale ou idées politiques” n’est qu’une “entrave“. Grâce à cette généralité, “la population noire du Panama reste fragmentée en ce qui concerne les intérêts des partis politiques “. C’est l’organisation qui fait défaut ici, et dans ce cadre, il reconnait avec humilité : “les indiens ont été plus responsables que nous“. Les noirs participent peu à la prise de décisions dans les secteurs publics et privés. Le Rapport National du Développement Humain ne présente pas de chiffres concrets,  ni les raisons expliquant cet isolement, mais Maloney pense qu’il n’existe aucune expression réelle de la force de leur représentation. Pour les prochaines élections, les choses doivent changer, assure Maloney. Cette fois, les noirs souhaitent constituerr plus qu’une “clientèle politique” comme ça a toujours été le cas jusqu’à présent. Ils ont donc préparé une “Plateforme Politique des Afro panaméens” et les candidats à la présidence en ont déjà entendu parler.

Le document leur a été présenté en novembre de l’année dernière, avec pour objectif que soient effectives les politiques publiques ayant pour cible la population noire, car “il est surprenant qu’au Panama qui est un creuset racial, il n y ait aucun ministre noir, que les prisons soient remplies de noirs, que dans les stéréotypes, les délinquants aient la peau noire, cependant les cols blancs ce n’est pas nous“.

UN DOCUMENT POLITICO DE VALEUR SOCIALE 

La Plateforme Politique des afro panaméens reflète le sentiment qu’ont ces populations face aux agissements des gouvernements qui se sont succédés tout au long de l’histoire en ce qui a trait aux politiques publiques. Trois des quatre aspirants à la présidence de la République ont apposé leurs signatures sur le document qui leur a été présenté en novembre 2003. Guillermo Endara, de Solidaridad, fut le grand absent.

Malgré plus de 500 ans de présence et de contribution au développement national et à la “construction d’une société multiethnique et pluriculturelle“, comme l’indique l’exposé des motifs, les afro panaméens continuent de représenter un des “pans de la société les plus touchés par le chômage, la pauvreté et d’autres maux sociaux “.

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Peau noire au Panama

Le document souligne également que la politique d’exclusion, fondée sur des conceptions discriminatoires rend plus difficiles les possibilités pour cette frange de la société de voir sa situation changer. En 17 points sont énumérés ce qu’ils appellent les “outils d’organisation et de planification des actions des afro panaméens dans l’ensemble du pays“. Ils demandent, entre autres choses d’être inclus dans tous les programmes, consultations et études socioéconomiques réalisés au Panama,  au même niveau d’importance que les autres groupes humains. De même, ils demandent que les accords et conventions internationales que l’État a souscris ou auxquels il a adhéré – au niveau mondial ou régional – incluent des droits et des garanties pour la population afro panaméenne, et qu’ils bénéficient à celle-ci de façon directe ou indirecte. Ils exigent également que des représentants afro panaméens soient inclus lors des tables rondes de dialogues nationaux et régionaux. D’autre part, ils demandent à être représentés dans le Conseil constitutionnel pour que dans la nouvelle Constitution soit inclut, dans l’esprit de la loi tout ce qu’il faut pour éliminer la discrimination, et que soit garanti un régime d’égalité réelle. Un peu d’Histoire
Au milieu de XIXème siècle, des milliers de travailleurs afro-antillais, principalement des jamaïcains débarquèrent à l’Isthme de Panama pour participer à la réalisation des travaux d’infrastructures du Chemin de fer Transocéanique et du Canal Français.
Plus tard au cours du XXème siècle, plus de 60% de la force de travail arrive dans l”Isthme en provenance de la Barbade, de Trinidad, de la Guyane, de Saint Kitts, Sainte Lucie, Martinique, Grenade, Curaçao, Guadeloupe, et Saint Vincent, et participe à la construction de l’actuel Canal de Panama, selon ce qu’indique le document Plateforme Politique des Afro panaméens auquel a eu accès El Panamá América. Le professeur Gerardo Maloney soutient que les premières générations des antillais qui sont arrivés dans l’Isthme n’ont pas été intégré à la société. La preuve la plus indiscutable dit-il, c’est la Constitution de 1941 qui parlait de “race de migration interdite “et dans laquelle on retrouvait des spécifications concrètes au sujet de “l’antillais et en outre légitimait les actions d’appropriations de biens de ces populations et ceux des chinois”. Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga http://www.elpanamaamerica.com.pa/archive/02052004/ustedt_slim.html Publié le 5 février 2004

L’indéniable héritage africain en Amérique Latine

23 août , 2007 at 2:26 | In Culture, Discrimination, Démographie, Histoire | Leave a Comment

La colonisation de l’Amérique a impliqué l’arrivée forcée sur le continent d’un grand nombre d’hommes et de femmes africains, obligées de participer à la construction de ce qu’on appelle alors le “Nouveau Monde“. Par leur dimension, leur présence en nombre – numérique, leur énorme capacité de travail, leur hétérogénéité, leur richesse culturelle et leurs valeurs, les africains par leur apport ont contribué à déterminer les profils qu’allaient acquérir les sociétés américaines émergentes. Cinq siècles plus tard, cet apport reste vivace sous des formes et des rythmes en accord avec le mode de fonctionnement de ces sociétés. De nos jours, les afro descendants représentent au moins 30% de la population du continent, dépassant les 160 millions de personnes.

L’héritage africain nourrit notre identité américaine (en plus de l’apport indigène, caucasien, juif, asiatique parmi tant d’autres) même s’il a rarement été reconnu et beaucoup moins apprécié et célébré qu’il aurait dû. Son influence se ressent dans tous les coins et recoins de l’Amérique hispanique et portugaise : de Veracruz, Oaxaca et Guerrero au Mexique, en passant par les côtes du Golfe du Honduras en Amérique Centrale, sur tous les territoires insulaires des Caraïbes, sur les littoraux Pacifique et Atlantique de Colombie, au Vénézuéla voisin,  au nord est du Brésil et même jusqu’au Río de la Plata, jusqu’au Cône Sud. Contrairement à une croyance répandue, cet héritage n’est pas seulement le patrimoine des afro descendants ou de ceux dont les traits physiques révèlent des liens ininterrompus avec l’Afrique.

Comme le soutient l’anthropologue et chercheuse, spécialiste de la diaspora africaine Sheila Walker “la composante afro représente une partie intégrale de la société entière dans chacune des jeunes nations d’Amérique Latine et des caraïbes “. Le bagage culturel alimente les répertoires culturels Latino-Américains. Pour le démontrer, il suffit tout simplement de considérer différentes formes d’expressions de la spiritualité, les vocables africains incorporés autant à l’Espagnol qu’au Portugais, les plats, la musique et les danses traditionnelles qui identifient chacun de nos pays. Même les noms de certaines de ces danses “nationales ” furent créés en Afrique Centrale ou sont apparentés à la langue bantou (*). C’est le cas de la “samba” brésilienne, de la “rumba” cubaine et de la “bomba” portoricaine.

L’impact africain en Amérique est tellement immense qu’il touche même les pays de la région qui se sont le plus engagés dans l’exaltation de leurs “origines européennes” ou qui assurent ne pas avoir le moindre lien avec l’Afrique. Dans tous les cas, l’affirmation de l’ “européité” fut rehaussée aux dépens du passé africain, dont les traits furent proprement occultés. Dans ce sens, un des cas paradigmatiques est celui de l’Argentine. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, le pays compta une importante composante de sa population qui était afro descendante qui résidait autour de la ville de Buenos Aires. Par la suite, cette métropole se transforma en un “Paris en Amérique” et se transforma avec fierté en reflet du Vieux Monde. De la même manière, durant les guerres d’indépendance, les noirs argentins se sont battus de façon aguerrie dans les rangs des  armées nationales naissantes.

 

Malgré les “oublis” de l’histoire et la négation systématique, les échos de cette présence noire continuent de résonner jusqu’à présent, même s’ils s’avèrent indéchiffrables pour les jeunes générations. Un des plats populaire et traditionnel en Argentine est le “mondongo“, même si l’on ignore que ce mot a des résonances indéniablement africaines. Certains anthropologues et chercheurs indiquent que le vocable “tango” (qui définit la danse traditionnelle du Río de la Plata) provient de “tanga” qui en langue kikongo signifie “fête ou festival“. 

Il faut reconnaître la multi culturalité de notre héritage, ainsi que la diversité distinctive de nos sociétés qui constitue sans doute sa plus grande force. Un processus de valorisation et de compréhension plus objectif de notre passé permettrait d’affronter plus aisément les défis de la difficile réalité latino américaine, parmi lesquels on retrouve le racisme institutionnalisé, la marginalisation politique et l’exclusion sociale des groupes ou des minorités ethniques et la pauvreté chronique des secteurs les plus vulnérables…

 

 

Traduit de lEspagnol par Guy everard Mbarga

 

http://www.elpanamaamerica.com.pa/archive/11302002/opinion06.shtml 

(*) Aux Langues Bantous

NOIR, MEXICAIN ET INVISIBLE

23 août , 2007 at 2:26 | In AfroMexicain, Discrimination, Histoire, Législation | Leave a Comment

Lula N’zinga Strickland

Les données historiques et statistiques concernant les mexicains Afrodescendants et vivant au Mexique ne sont pas répertoriées dans les registres des recensements qui ont eu lieu au cours de l’histoire. Il n’est pas fait mention des noirs mexicains, en tant que groupe homogène dans l’histoire mexicaine, au point à tel point que de nombreux mexicains disent que ceux-ci n’existent pas.


Les mexicains se définissent comme étant des indiens ou des métisses (un mélange européen et autochtone). Ou ceux qu’on appelle Latinos, et rien d’autre.   Depuis que l’Espagne a colonisé le Mexique en 1500 et presque exterminé les autochtones indiens, certains osent dire que le Mexique est un pays espagnol.  Les noirs sont très rarement associés à l’histoire de cette terre. 

Cependant, 9% de sa population est Afro-Mexicaine, sur un total qui oscille autour de 90 millions d’habitants.De nos jours, les noirs habitent dans chaque coin de la planète et constituent la base de nombreuses civilisations, Mais pour quelles raisons ceux parmi eux qui sont nés au Mexique manquent-ils de considération, pourquoi sont-ils marginalisés et relégués à la quasi invisibilité ? Dans une entrevue accordée par deux institutrices noires d’une école de Guerrero, au Mexique, celles-ci nous disent que l’histoire ne donne pas une image juste des noirs ; ils sont présentés comme des ivrognes, des bouffons et ils sont habituellement dénigrés pour la couleur de leur peau.

Et comble de malheur, ils se retrouvent au bas de l’échelle sociale comme l’indien. Les  deux éducatrices interviewés m’ont indiqué que de nombreux noirs rejettent leur descendance noire.

Que s’est-il passé? La réponse est souvent la même que pour les autres africains esclavisés, emmenés dans le Nouveau Monde et vendus aux enchères.  Il y a cependant une différence particulière au Mexique. image021

Belle maman Afromexicaine

  Ted Vincent relate dans son œuvre “Afro-Mexico” que depuis la guerre d’indépendance faite à l’Espagne en 1800, un général non espagnol avait négocié le “plan des trois garanties.”  (plan de trés garantías).

La première était la garantie de l’indépendance, et la deuxième et la troisième étaient la garantie de protection de l’église, de la position économique des nantis, et de l’équité sociale pour la majorité des noirs. Plus tard, le premier Congrès du Mexique a transformé la clause d’équité en une clause de prohibition (interdiction), celle de mentionner la race ou les données historiques de l’église dans les documents officiels de l’État.    Comme conséquence, le fait ethnique fut rayé des données historiques présentes et futures. Cette Loi importante reste en vigueur de nos jours. Vicent indique qu’un recensement incluant les différents groupes ethniques n’a pas été effectué depuis 1930.

Les africains capturés et emmenés en Amérique en tant qu’esclaves sont arrivés au Mexique en 1500 avec les espagnols pour travailler avec les indiens, proches de l’extermination, en tant que constructeurs, esclaves dans les mines d’argent et les immenses plantations de canne à sucre.

Comme nous indique le renommé Vicent, 300 000 à 500 000 africains furent emmenés au Mexique durant cette époque, et plus tard, plus de 100,000 esclaves furent importés des Philippines, de Bornéo, de la Nouvelle Guinée, de Malaisie et de Chine. Il en résulte une grande population non espagnole qui constitue désormais une part très importante de la société.

Certains noirs connaissent bien leur histoire. Elle importe peu pour d’autres. Certains racontent que leurs ancêtres sont arrivés sur ces côtes avec Hernán Cortes en 1519 ou avec les conquistadors espagnols en 1521.

La ville de Veracruz dans le Golfe du Mexique était le port d’entrée du commerce des esclaves durant le   XVIème siècle, et comme conséquence de ce vil trafic, de nombreux descendants africains se trouvent dispersés dans la région.

  En 1609, un militant du nom de Gaspar Yanga s’échappa des griffes l’esclavage et développa sa communauté de noirs marron dans les montagnes de VeraCruz.  Les habitants de la localité ont élevé une statue en son honneur et ont mis sur pied un “festival annuel de Yanga” pour rappeler  sa victoire dans la lutte pour la liberté de sa communauté.

    Un autre grand nombre d’Afro-Mexicains vit regroupé sur la Côte du Pacifique Mexicain dans des hameaux  construits il y a 300 ans. Sur la “Costa Chica“,  dans des États tels que Guerrero et Morelos vivent également de nombreux afro descendants.   Au cours des siècles, ils se sont mélangés avec les races indigènes (qui ont également été violemment discriminés) et ont formé de nombreuses nouvelles communautés. Par conséquent, l’Africain et l’Indien sont désormais membres de la même famille, comme le sont tous ceux de la diaspora. 

De nombreux vestiges de la culture noire sont si forts qu’en plus de la couleur évidente de la peau pour certains et les traits de terre mère, l’écho de l’Afrique reste vivace dans la culture de l’Afro-Mexicain.   Plusieurs éducateurs ont décidé de mentionner l’histoire des noirs dans en les salles de classe dans les régions où le fait négroïde est présent comme Cuajinicuilapa, Guerrero.  On envisage la construction d’un centre culturel dédié à l’expérience Afro-Mexicaine.

Les mexicains Noirs sont identifiés sur la scène mondiale et leurs histoires sont promues sur toute la planète.  Des chercheurs et certaines organisations y contribuent.  Avec la pauvreté rampante, de plus en plus de noirs émigrent vers les États-Unis, même si beaucoup d’entre eux ont longtemps résidé en Californie.

Leur participation à la construction du Mexique a été supprimée des textes, leurs ancêtres africains ne sont pas mentionnés et leur culture unique a été promulgué exclusivement mexicaine par l’élite au pouvoir.

Leurs héros noirs tels que le président Vicente Guerrero au 19ième siècle (c’est lui qui aboli l’esclavage en 1829) n’est pas identifié comme tel dans l’histoire, ni dans les textes scolaires, le fameux “corrido” chanté par les muletiers noirs n’est pas identifié comme musique et danse orale traditionnelle africaine Les racines africaines de  La Dansa del Diablo, (La Danse du diable) ne sont pas mentionnées. Malheureusement, la liste des omissions est interminable.

Mais, à présent, certains noirs-mexicains se réveillent peu à peu, et réclament fièrement leur ethnicité africaine, tout comme leur héritage mexicain..

Pour la première fois de l’histoire, ceux qui se trouvent sur la côte du Pacifique se sont réunis en 1997 et 1998 pour participer à la conférence intitulée “La Convention des Peuples Noirs.” En plus de discuter de leur héritage avec un professeur venu du Congo, ils évoquèrent également leur statut social et les problèmes qu’ils rencontrent dans le Mexique d’aujourd’hui. olmecafro

Têtes Olmèques aux traits africains

Il ne faut pas non plus oublier que des historiens comme le Dr. Ivan Van Sertima raconte que des voyageurs africains sont arrivés au Mexique en tant que explorateurs durant l’antiquité et avaient noué des relations avec la population native des lieux comme par exemple les Olmèques.  Il met un accent particulier sur les fameuses têtes aux traits africains taillées dans la roche, découvertes dans la région de Veracruz. Ainsi, les mexicains invisibles deviennent peu à peu visibles, malgré la repression de la culture dominante la répression de la culture dominante.

Malgré la négation de leur existence en tant que groupe autonome par le gouvernement et leur auto-négation, les Afro-Mexicains réclament peu à peu leur place dans l’histoire du Monde.  Comme d’autres africains de la diaspora, ceux du Mexique ont déclenché le mouvement vers la reconnaissance et le respect dans leur pays natal.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www.etnianegrapanama.org/comentarios.html

 

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Petits Afro-mexicains

Afro uruguayens : le génocide indirect

23 août , 2007 at 2:19 | In Afro uruguayens, Discrimination, Démographie, Histoire, Législation, Racisme | Leave a Comment

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Par le sociologue et écrivain Rafael Bayce La discrimination sociale et économique a provoqué la baisse du nombre d’afro uruguayens. Il s’agit, soutient Rafael Bayce dans cet article,  d’un génocide indirect peu étudié, qui non seulement n’est pas facile à comprendre, mais dont les responsabilités historiques sont difficiles à attribuer-établir, comme c’est le cas en ce qui concerne le massacre des derniers indiens charruas par Bernabé Rivera Démographiquement, le premier noir arrivé en Amérique a débarqué lors du deuxième voyage de Colomb. La première expérience de déportation des noirs en tant que main d’œuvre peu chère dans ce continent date de 1510, la première autorisation formelle de le faire remonte à 1532. On se demande encore si les premiers noirs à débarquer sur le Río de la Plata (Fleuve d’Argent) furent introduits par Hernandarias (qui les inclut dans son testament) ou avec l’expédition de Juan Ortiz de Zárate. Dans tous les, ce fut avant le premier quart du XVIIème siècle. On sait par contre de façon certaine qu’un esclave du nom de Gregorio était  crieur public deux ans après la fondation de Montevideo en 1728. Jusqu’à 1738, il n’y avait que des esclaves introduits à titre personnel par leurs maîtres. Mais, au cours de cette même année, le Conseil Municipal de la ville de Montevideo demande l’introduction d’une main d’œuvre guinéenne, qui arrive dans un navire de Thomas Navarro en 1743. Ce flux africain fait que le recensement de Viana en 1751 a Montevideo indique la présence de presque 15% d’esclaves noirs sur le total de la population qui est de 939 résidents (141). L’introduction des noirs ne fut pas très importante jusqu’à  1595, sous le régime juridique des “licencias” (licences), permis d’introduction payants qui n’obligeaient pas (leurs détenteurs) à l’introduction effective et qui pouvaient être renégociées. La substitution progressive des licences par les “asientos” *(établissement, installation) (1595-1787), augmenta l’arrivée des contingents de noirs, car le permis obligeait que l’introduction de cette main d’œuvre soit effective. Même s’il y’eut exista toujours une importation clandestine, en plus de celle autorisée, l’entrée massive des noirs prend une grande ampleur avec les “capitulaciones” qui négocient l’introduction en très grand nombre des esclaves, dont le trafic est désormais libre et exempt d’impôts (1787-1812). Au milieu de ce mouvement croissant d’introduction des esclaves, auquel les espagnols participeront tardivement et faiblement, Montevideo a le monopole de l’introduction des noirs par le Río de la Plata suite aux dispositions royales de 1789, 1791, 1801 et 1809. Les conséquences démographiques ne se font pas attendre. Le Recensement de  Montevideo effectué 1805 indique 3.114 noirs sur une population de  9.359 habitants. Les noirs qui représentaient 15% des habitants de la population de Montevideo en 1751 passent désormais à  33% en 1805. Mais 1813 marque la fin de la période de floraison démographique des noirs à Montevideo, et ils sont désormais 14.000 sur les 21.000 résidents, soit 66% de la population.

En somme, démographiquement, les noirs, de 1751 à 1813, c’est-à-dire en 62 ans, multiplient par plus de quatre leur représentation en pourcentage dans la population de Montevideo. Leur contingent est multiplié par cent en nombre absolu à Montevideo dont la population est multipliée par 25 durant cette période. Une recherche devrait alors être entreprise pour répondre à la question suivante : comment Montevideo a-t-elle alors réussi à réduire, 150 ans plus tard, le contingent de noirs, le faisant passer de 66% de la population à un pourcentage inférieur de 10% ? L’explication se trouve certainement à la fois dans l’immigration massive européenne, la ghettoïsation et la discrimination sociale et économique. Il s’agit en fin de compte d’un génocide indirect peu étudié, qui non seulement n’est pas facile à comprendre, mais dont les responsabilités historiques sont difficiles à établir, comme c’est le cas en ce qui concerne le massacre des derniers indiens charruas par Bernabé Rivera. ABOLITION ET DISCRIMINATION Mais la croissance démographique initiale était accompagnée d’une crainte elle aussi croissante du nombre de noirs – et évidemment d’une rébellion potentielle – (le fantasme de Espartaco) et d’une stigmatisation morale et sociale ethnocentrique. Les licences nouvellement établies, sont ainsi temporairement interdites en 1550, car on craignait que les coutumes et la morale soient affectées par la religion et les danses africaines. Un fait assez proche allait se produire à Montevideo dans les années 80 alors que l’autorisation pour la construction d’un monument à Iemanjá* dormait dans les bureaux gouvernementaux. La discrimination socioculturelle (au départ conçue pour isoler les contingents malades et infestés a cause des conditions inhumaines d’entassement et d’hygiène des bateaux négriers) se manifeste par la fondation, dans ce qui est aujourd’hui Capurro, du premier ghetto noir alors appelé Caserío de los Negros. (Hameau des Noirs) La discrimination socio culturelle prenait dans ce cadre une forme symbolique et favorisa la discrimination économique qui a reproduit le cercle vicieux de la pauvreté et plus tard celui de la marginalisation. Cependant, la  paupérisation, la marginalisation et l’alimentation du cercle vicieux de la pauvreté vont de paire avec la conquête des égalités formelles et l’admission de traits culturels propres aux noirs (ce qui laisse croire à leur acceptation socioculturelle.) En effet les danses, les rythmes et rencontres des “nations” afro uruguayennes se réduisent à des évènements extra-muros ou circonscrits aux ghettos urbains qui ont succédé au Caserío de Capurro (comme le Barrio Sur et Palermo…). Les célébrations rituelles sont dépourvues de leur religiosité et transformées en contribution exotique à l’inversion feinte des hiérarchies sociales consacrée par le Carnaval. C’est dans ce contexte de marginalisation, de génocide indirect et de pseudo acceptation culturelle que la Constitution de 1830, la première de l’Uruguay indépendante consacre la liberté des ventres. En 1842, arrivera l’abolition de l’esclavage par le gouvernement Colorado (nom d’un parti politique), qui sera confirmé en 1846 par le gouvernement Blanco (autre parti politique important en Uruguay). Les deux grands partis traditionnels uruguayens éliminent l’esclavage avec une précocité honorable, comparé au reste du monde. Mais dans le même temps ils discriminent, ghettoïsent, alimentent le cercle vicieux de la pauvreté noire, feignent l’acceptation culturelle en la transformant en exotisme et en ne permettant aux noirs de briller que dans un cadre social secondaire (joueurs de football oui, boxeurs également; ministres, médecins et avocats, non). Pour ces raisons, nous devons célébrer avec réserves l’abolition de l’esclavage; qui est important en tant que fait idéologique, mais qui dans les faits elle a fait de l’ombre a la discrimination, la ghettoïsation, la paupérisation et au génocide massif indirect. 

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Iemanjá* : divinité africaine Yoruba, très présente dans les cultes des afro descendants d’Amérique Latine, notamment au Brésil.

http://www.chasque.apc.org/armando/nuestraumbanda/ediciones/b3/afrouruguay.htm 

Résistances des Afro argentins : Interview de Miriam Gomes

23 août , 2007 at 2:08 | In Afro argentin, Discrimination, Entrevue, Miriam Gomes, Racisme | Leave a Comment

  Par Ana Maria Ordóñez 

«L’intégration des afrodescendants, se mesure très souvent  à travers leur identification aux intérêts et expressions de classe dominante. Mais elle doit également se mesurer en terme de résistance, de capacité à conserver l’identité, de sa ténacité à survivre et se construire dans un autre contexte, d’un héritage hétérogène.» 

 La population argentine a-t-elle des racines africaines ? 

Il n y a aucun doute à ce propos, mais notre société en général affirme ou croit qu’il n y a pas de population d’origine africaine, et que nous sommes un pays dont la population possède un ensemble de racines nettement européennes. Aucune référence n’est faite aux composantes d’origine africaine, même pas en mémoire de la traite active des esclaves dans le passé.

 Combien d’africains sont arrivés en Amérique?

 Selon le professeur nigérian Joseph Inikori, autour de 12.000.000 (d’africains) ont débarqués en Amérique Latine et si nous faisons le calcul qui veut que pour chaque africain qui arrivait vivant, cinq mouraient d’inanition, de diarrhées, de déshydratation, de suicides ou de châtiments divers, le trafic des esclaves a provoqué une saignée de plus de 60.000.000 de personnes à l’Afrique, alors qu’elle a engendré l’extraordinaire expansion industrielle et économique de l’Europe.

«L’Argentinité» s’est-elle construite en occultant les africains ?

Oui, au cours des deux derniers siècles, le système politique au pouvoir s’est chargé de diffuser  des modèles culturels avec pour objectif de consolider  l’identité argentine. Les concepteurs de la nationalité furent Bartolomé Mitre, Juan Bautista Alberdi, José Esteban Echeverría, Domingo Faustino Sarmiento et d’autres qui faisaient la promotion de l’immigration européenne pour forger  des citoyens “blanchis” pour ce qui est de la couleur et  “européisés” en ce qui concerne la mentalité et les coutumes.

Les africains ont-ils participés aux mêmes actions que le reste de la société?

Ils ont participé à toutes les actions belliqueuses de l’Argentine: ils y sont arrivés de manière obligatoire par la “Loi du rachat” (Ley del rescate) ou parce qu’on leur promettait la liberté. En 1801 dans les Compagnies de Granaderos de Pardos et Morenos (Grenadiers bruns et noirs). Lorsque la première Invasion Anglaise se produit en 1806 à Buenos Aires, ils participent de façon active pour la défense de la ville. Quand San Martín crée le Régiment  de Granaderos a Caballo (Les Grenadiers à Cheval) et lorsqu’il prend en charge L’Armée du Nord, ses troupes sont composées de noirs libres, c’est- à -dire d’esclaves rachetés par l’État pour servir dans l’armée. Ils ont participé à la guerre contre le Brésil (1825 à 1828), aux guerres civiles opposants les partisans de l’unité aux fédéralistes, et comme corollaire, à la Guerre de la Triple Alliance entre 1865-1870.

Comment les afro descendants se sont-ils intégrés à la société?

De plusieurs manières. L’une d’elles s’est faite par le biais de la résistance socio – culturelle. Les afro argentins qui se distinguaient dans les Lettres, mettaient à profit leurs talents littéraires pour dénoncer la situation sociale à travers le journalisme et la poésie. L’œuvre journalistique fut très abondante en 1800, mais peu connue. El Proletario, créé et dirigé par  Lucas Fernández, fondateur du Mouvement Démocratie Noire, faisait clairement référence à la situation raciale de la collectivité noire et mettait en évidence le fait que les africains se reconnaissaient comme une communauté. De plus, cela permettait de se rendre compte de la richesse de la vie sociale qu’ils menaient.

Y a-t-il eu des associations ou des publications durant le XXIème siècle?

Dès les débuts de l’année 1900, des journaux affirmant déjà la présence des afro argentins étaient édités. La Verdad, édité par  Benedicto Ferreira. La Protectora publié par une mutuelle du même nom qui a existé jusque dans les années  50. Des associations comme La Agrupación Patriótica 25 de Mayo (Le Groupement Patriotique  25 Mai), le Cercle Social Juvencia et  l’Association de Promotion General San Martín. Au début de l’année 1920 est apparue une discothèque presque exclusivement fréquentée par des noirs au Théâtre Marconi , le légendaire “Shimmy Club”, où  ils diffusaient leur musique. Les organisations afro argentines sont bien connues et étudiées, par exemple par l’historien ivoirien Jean Arsene Yao.

Continuent-ils de réaffirmer leur identité ? 

 Oui, à travers leurs propres organisations. Une des empreintes africaine reflétée par les historiens est la musique et la manière de la danser: le candombe. Ça a toujours été un élément identificateur de la communauté noire argentine. Danse populaire par excellence, qui contient en elle presque toute l’histoire de la race (noire) sur le Río de la Plata. D’autre part, l’existence de petits groupes  religieux a créé un certain syncrétisme que l’on peut voir à travers la vénération interdite de certains saints chrétiens. Aujourd’hui, il existe des quartiers entiers qui conservent leurs coutumes et leur langue. 

Dans l’actualité, que font les afro descendants ?

 Les afro argentins ont déjà retrouvé les bases constructrices de l’esprit collectif. Ils ont unis leurs forces, en renforçant leur identité ethnique et leur participation à la société à travers l’affirmation de la négritude. Les associations existantes révèlent la société africaine et défendent leurs racines, au delà des individus qui les composent.    África Vive, dont le siège est a Buenos Aires lutte contre les  ressources rares dont dispose les membres de sa communauté , autant en Argentine qu’à l’extérieur. El Casa de la Cultura Indo-Afro-Americana (La Maison de la Culture- Indo Afro-Américaine) dont le siège se trouve à  Santa Fe, organise et participe à des congrès et rencontres internationales, et possède des publications à travers lesquelles elle divulgue le thème de la négritude en Argentine. La Sociedad de Socorros Mutuos Unión Caboverdeana dont le siège se trouve à  Dock Sur, et qui  existe depuis plus de 70 ans, el Circulo de Descendientes Caboverdeanos Cercle des Descendants Cap verdiens ) à Mar del Plata, pour n’en citer que quelques-uns. 

Une réparation historique est-elle due aux africains et à leur descendants qui vivent au pays (En Argentine)?

La Nation Argentine se doit à elle-même une révision profonde et honnête de son histoire et une analyse rigoureusement critique, des fondements idéologiques qui ont mis sur pied son désir (d’être) un pays blanc et européen.

Traduit de l’espagnol par Guy Everard Mbarga

 http://www.revistalote.com.ar/nro081/resistencia.htm

Miriam Victoria Gomes est Professeure de Littérature Latino-Américaine, spécialisée dans la Littérature des pays africains de Langue portugaise, et est membre de la Chaire Ouverte des Études Américanistes de l’UBA, section des études africanistes. Elle a participé à la création et au développement d’organisations noires dans le pays et collabore avec des institutions de lutte contre la discrimination et le racisme.

Génocide statistique

23 août , 2007 at 1:33 | In Discrimination, Racisme | Leave a Comment

Publié en septembre 2004

Les populations afro descendantes d’Amérique  Latine et des caraïbes restent les victimes d’un rejet, à en croire les données du  CEPAL (Comisión Económica para América Latina) selon lesquelles 92% de ces communautés vivent en dessous du seuil de pauvreté, alors qu’ils représentent à peine  30% de la population totale du continent, et sont discriminés ou marginalisés dans leur majorité.

Jeunes afrodescendants d’Amérique LatineNils Katstberg, directeur du Bureau Régional de l’ UNICEF (Fondo de las Naciones Unidas para la Infancia), pour l’Amérique Latine et les Caraïbes indiquait en fin août, dans le cadre de la  ”Journée de sensibilisation sur l’esclavage et son impact dans la société actuelle” que les afro descendants sont ceux qui souffrent le plus de la discrimination et de la violation de leurs droits, avec un taux d’analphabétisme de 35%, ce qui démontre la faible éducation qui leur est offerte.

Le directeur de l’UNICEF a indiqué que les afro descendants subissent les nouvelles formes de l’esclavage, tels que les abus sexuels. Il a notamment insisté sur le fait important que la majeure partie des pays latino-américains sont coupables d’un génocide statistique en ce qui a trait à la publication des données  relatives aux différentes ethnies en excluant des questions liées
à l’ethnie d’origine. Les minorités disparaissent de ces registres, puisqu’elles ne sont pas prises en compte.

L’association des Peuples Menacés ( Asociación para los Pueblos Amenazados, APA) demande
à ces gouvernements d’arrêter de taire la présence de ces populations afro descendantes déjà assez lésées. La communauté internationale et l’Union Européenne doivent exercer une pression sur ces pays pour qu’ils travaillent à l’amélioration des conditions de vie des plus pauvres.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

 http://www.gfbv.it/2c-stampa/04-1/040908es.html 

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