Femmes afrodescendantes et Leadership en Amérique Latine

24 août , 2007 at 12:10 | In Afro Costaricain, Afrodescendantes, Epsy Campbell, Politique, Société | Leave a Comment

Par Donald Nadalin

Le 16 février, La Consulta Interagencial sobre Raza en América latina (Consultation Inter Agence sur la race en Amérique Latine) a organisé un déjeuner privé lors du Dialogue Interamericain avec la Députée Epsy Campbell du Costa Rica.



Récemment élue présidente de son parti, Partido Acción Ciudadana (PAC, Parti Action Citoyenne), la Députée Epsy Campbell a évoqué l’impact des femmes afrodescendantes leaders en Amérique Latine. Des représentantes de Organización Negra Centroamericana (ONECA) et de Conferencia del Liderazgo de Mujeres de las Américas (Conférence des Femmes Leaders des Amériques) étaient également présentes.

La Députée Epsy Campbell

La complexité du croisement entre la race et le genre dans les démocraties émergentes et la question des moyens avec lesquelles les femmes afrodescendantes affrontent ces défis ont constitué l’élément central du débat.

Campbell a commencé par dire qu’il est fondamental de comprendre que les sociétés globales considèrent le racisme comme un problème structurel. La population afrodescendante est très souvent considérée comme une minorité, alors qu’elle constitue la majorité de la population dans beaucoup d’endroits de la région. Le terme minorité a été utilisé comme un outil politique beaucoup plus que comme une description démographique.

Parlant des femmes afrodescendantes sur le marché du travail, Campbell a indiqué qu’elles occupent les postes à plus bas salaires et historiquement, elles se sont incorporées à la main d’œuvre à un âge peu élevé. Cependant, cette tendance à faire partie très vite du marché du travail a eu trois impacts positifs

(1) Les femmes afrodescendantes sont souvent économiquement indépendantes de leurs maris;

(2) Habituellement, les hommes en Amérique Latine considèrent qu’il est plus difficile de dominer les femmes afrodescendantes car elles sont autonomes; et

(3) ces femmes ont tendance à mettre fin à des relations abusives plus facilement, car elles sont moins dépendantes de leur partenaire masculin. Comme exemple, Campbell a observé que les femmes afrodescendantes étaient le premier groupe à voyager aux Etats-Unis pour chercher de meilleures opportunités d’emploi lorsque les migrations en Amérique Centrale augmentèrent dans les années 70.


Évoquant le leadership politique, Campbell a indiqué que l’un des obstacles permanents pour les femmes est le fait que les structures politiques ont été élaborées pour les hommes. Même si les femmes ont désormais le droit légal de participer, la réalité de l’exclusion et de la discrimination reste présente. Il y a moins de 40 femmes afrodescendantes dans la politique au niveau national dans toute l’Amérique Latine, et 26 de ses femmes se trouvent au Brésil. Cela ne représente même pas 1% de la population.

Matile Ribeiro, Ministre brésilienne, Leader politique Afrodescendante

Il y a quatre défis fondamentaux pour le chemininement politique futur des femmes afrodescendantes.

 - Premièrement, les femmes noires doivent gagner l'espace en tant que fonctionnaires élues.
 La difficulté ici se résume au dégoût qu'éprouvent les femmes leaders à rentrer dans la politique, 
car elles la perçoivent comme étant un monde corrompu  ou requérant également de nombreux compromis.
 - Deuxièmement, les femmes afrodescendantes doivent gagner des places importantes dans les partis politiques.
 Les partis politiques continuent d'être la base des processus de construction démocratique et politique, et par conséquent,
 initier la participation des femmes noires requérerait un appui politique fondamental très fort des partis politiques.
- Troisièmement, les femmes afrodescendantes devront atteindre ces objectifs à l'intérieur des systèmes politiques émergents
 dans lesquels des secteurs de la population sont exclus ou marginalisés.   
 - Enfin, les femmes afrodescendantes devront travailler beaucoup plus fort que les hommes politiques en élaborant leur propre 
agenda sur la race et le genre tout en appuyant l'agenda national. Les femmes afrodescendantes ne peuvent pas être considérées comme 
des concurrents politiques sérieux, à moins qu'elles entrent dans l'arène politique, économique, dans le monde des affaires, ainsi que dans
 les secteurs de la santé et de l'éducation.

C'est tout juste si comme au niveau national, le genre et la race sont des thèmes fondamentaux au niveau local. Au Costa Rica, les maires 
désignent deux maires-adjoints, et selon la législation actuelle, l'un d'eux doit être une femme. Prenant son propre parti en exemple, la
 Députée Campbell a observé qu'au PAC, il existe une parité homme – femme (50/50) à tous les niveaux structurels du parti.

Les femmes sont souvent plus identifiables par le public que les hommes. Malheureusement, il n y a toujours que seulement que deux femmes afrodescendantes dans le parti, dit-elle.

C’est de la même façon que les femmes afrodescendantes occupent l’espace dans le leadership politique qu’elles servent de modèles et deviennent une référence pour les autres.

Traduit de l’esapgnol par Guy Everard Mbarga

http://www.iadialog.org/iac/esp/events/Liderazgodemujeresafrodescendientes.htm

MAKANDAL, Marron Nègre Haïtien

24 août , 2007 at 12:07 | In Haïti, Histoire, Makandal, Nègre Marrons, Politique, Rebellion, Revendications | Leave a Comment

1779. Le bateau négrier accoste sur le quai de Cap Haïti au nord du pays.
Parmi les deux cents esclaves partis de Guinée, dans la lointaine Afrique, seuls quarante arrivent.
Les autres sont morts durant la traversée et ont été jetés aux requins.Parmi les survivants se trouve Makandal, un noir mandingue au corps sculptural et à la voix grave, que les chaînes ne semblent pas blesser.  Lors de la vente aux enchères, un monsieur propriétaire de plantations de canne à sucre l’achète.

 

 

Makandal coupe la canne à sucre comme personne d’autre, mais il perd un bras dans le moulin et commence à s’occuper du bétail. Il commence à se sentir inutile. La nostalgie de sa terre et de son peuple l’envahit, et la peine occupe sa pensée. Cependant, il ne se laisse pas vaincre, se confie aux dieux noirs et trouve une raison de vivre dans l’observation de la nature.Il connait ainsi de nombreuses plantes, différentes de celles de son coin de pays, mais aussi instructives qu’elles.  Ce sont des plantes rares, auxquelles personne d’autre n’a prêté attention jusque là.Il découvre un champignon qui rend malade et peut tuer… Et il le donne à manger au chien de Monsieur. Et tandis qu’il le regarde s’effondrer, Makandal a en tête la souffrance de son peuple…
Un jour il disparait de la propriété: on ne le trouve pas dans la cour des vaches, ni dans la cuisine, et encore moins dans grande baraque ou dorment les esclaves. Il n’est nul part. “Makandal est un mandingue, et chaque mandingue est un rebelle. Il s’est désormais fait nègre marron et celui qui le rencontrera devra m’en informer “, crie le français à ses esclaves.

Arrive la saison des pluies : les fleuves et les ruisseaux augmentent de volume et débordent de leur lit, mais Makandal ne donne aucun signe de vie. La saison des pluies passe et les fleuves retrouvent leurs lits…

Un jour, l’esclave Tinoel qui croyait que son ami était mort reçoit un message: “J’envoie te chercher, car notre temps est venu, le temps des nègres. Nous n’avons pas d’armes, mais nous possédons la sagesse de Run le guerrier, et l’intelligence du grand Oxosse”. En quelques semaines, le champignon vénéneux envahit les étables et les pâturages. Vaches, bœufs, chevaux et brebis tombent par centaines, couvrant la région de l’odeur de charogne. La peste ne tarde pas à pénétrer la maison de l’homme blanc. Makandal proclame la “campagne de l’extermination ” pour la création “d’un empire de noirs libres”.
 Soldats et contremaîtres se lancent à sa chasse…ils fouillent tous les recoins, mais ne le trouvent pas. Pourtant les yeux de ses frères le voient partout: “Il porte le costume des animaux-disent-il-, s’approprie du cours des fleuves, parle par la bouche du vent, connait chaque arbre, chaque caverne…”.  Son épopée dure quatre années durant lesquelles il est transformé en lézard, en cobra, en oiseau ou toute autre bestiole. Quatre années pendant lesquelles il sort de ses cachettes pour assister aux rites durant lesquels les dieux africains sont vénérés.Arrive le mois de décembre, période de festivités nègres à Haïti.

Après le tambour sacré surgit la silhouette de Makandal. Personne ne le salue, mais son regard affectueux rencontre celui de chacune des personnes présentes et les bols d’eau chaude passent de mains en mains jusqu’à celles du visiteur assoiffé.


Toute la joie ambiante fait même oublier à tout ce monde que les blancs sont toujours là, et que la trahison reste possible… Et vingt soldats l’emportent devant le regard étonné des ses frères. Le chant triste des tambours résonne depuis le fleuve Artibonite jusqu’à l’île de la Tortue. Sur la place centrale, tut est prêt: les autorités sont confortablement installées dans l’église, et les esclaves sont près du bûcher, obligés par leurs maîtres de voir le “feu de l’exemple”.

Makandal parle avec  Oxosse et Run: “Grands dieux de mon peuple, je vous demande de me laisser rester dans ce monde, pour poursuivre la lutte pour mon peuple “.

Les flammes commencent à monter sur ses pieds; Makandal pousse un cri, ses liens se défont et son corps s’étire dans les airs, sautant par-dessus la multitude qui observe.
Puis il disparait.Les prêtres noirs font passer le message : “Makandal est resté parmi nous, dans le règne de ce monde “.
Les indépendantistes qui déclarent la “Première République Noire du continent ” en 1789 s’inspirent de lui, ainsi que les paysans guérilleros que résisteront f à l’occupation nord américaine de l’île en 1915. Aujourd’hui, lorsqu’une révolte populaire éclate, dans les taudis et les plantations de café, on peut entendre certaines voix qui chantent : “Ici marche le manchot avec son peuple. Ici marche le mandingue, qui est resté dans ce monde. Ici marche Makandal…”.
 

Drapeau de la Première république noire d’Amérique

Les indépendantistes qui déclarent la “Première République Noire du continent ” en 1789 s’inspirent de lui, ainsi que les paysans guérilleros que résisteront à l’occupation nord américaine de l’île en 1915. Aujourd’hui, lorsqu’une révolte populaire éclate, dans les taudis et les plantations de café, on peut entendre certaines voix qui chantent : “Ici marche le manchot parmi son peuple. Ici marche le mandingue, qui est resté dans ce monde. Ici marche Makandal…”.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Rebeliones Indígenas y Negras en América Latina ©Kintto Lucas 1ª edición, Ediciones Abya Yala, 1992, 2ª edición, Ediciones Abya Yala, 1997 3ª edición, Ediciones Abya Yala, 2000 4ª edición, Quincenario Tintají, 2004

Kintto Lucas est écrivain et journaliste né à Salto, Uruguay. Prix Latino américain de Journnalisme José Martí 1990. Plume de la Dignité 2004 octroyé par l’Union Nationale des Journalistes de l’Équateur. En Uruguay, il fut membre du Consejo Editorial del Semanario Mate Amargo. Il vit depuis 1992 à Quito ou il a été Éditeur Culturel et Éditorialiste du journal Hoy et éditeur da Revista Chasqui, en plus d’avoir chroniqueur dans les journaux El Comercio de Quito et Expreso de Guayaquil.

Il est actuellement correspondant de l’Agence de Presse Inter Press Service (IPS) et directeur du bimensuel Tintají de Quito. Certains des livres écrits par lui : La rebelión de los indios, traduit vers l’anglais avec le titre We Will Not Dance on Our Grandparent’s Tombs. Indigenous uprisings in Ecuador (Nus ne danserons pas sur les tombes de nos grands parents : rebellions indigènes en Équateur ); Rebeliones indígenas y negras en América Latina; Mujeres del siglo XX, Apuntes sobre fútbol, Plan Colombia, La paz armada y El movimiento indígena y las acrobacias del coronel

Afromexicains , oubliés et discriminés…

24 août , 2007 at 12:05 | In AfroMexicain, Culture, Discrimination, Histoire, Législation, Politique, Racisme, Revendications, Société, Économie | Leave a Comment
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Chris Kraul y Reed Johnson México, México. Une série de timbres postaux récemment émise et représentant un personnage populaire noir avec les lèvres exagérément volumineuses – issu d’une ancienne revue de bandes dessinées – a relancé une controverse au sujet des comportements raciaux au Mexique, six semaines après que le Président Vicente Fox se soit vu obligé de présenter ses excuses pour les observations qu’il avait faites et qui furent interprétés comme offensantes pour les noirs américains

Les cinq nouveaux timbres représentent un personnage de bande dessinée appelé Memín Pinguín, un gamin de ville grivois qui vit grâce à son génie et son courage, qui fut l’un des personnages de bande dessinée mexicaine les plus vendus. Créé par Yolanda Vargas Dulche en 1947, le personnage reste très connu, même si sa popularité a atteint les sommets dans les années cinquante et soixante.

Un jour après l’émission des timbres, une grande agitation s’est faite ressentir lorsque des groupes de droits civils et de personnalités afro-mexicaines, y compris le chanteur pop Johnny Laboriel, affirmèrent que les images étaient scandaleuses.

Johnny Laboriel, Rocker afromexicain

Bien sûr que les gens vont être offensés par la caricature“, a indiqué Laboriel ce mercredi. “L’idée de publier ce timbre postal est une grande stupidité.Ils le font sans penser aux conséquences“.

Gustavo Islas, directeur du service postaux du Mexique, a souligné que les timbres ont une valeur nostalgique. Nous n’avons aucune intention de les retirer de la circulation.

“Quiconque considère ce personnage comme quelque chose d’offensant regarde les choses de manière totalement trompeuses”, a indiqué Islas, ajoutant que le personnage de bande dessinée est “un bon personnage sans que l’on donne une importance à la couleur de la peau“.

Le ministère des Affaires extérieures a publié une déclaration indiquant que personne ne devait se sentir offensé, “de la même façon que Speedy González n’a jamais été interprété de manière raciale par les mexicains, du fait qu’il est un personnage de bande dessinée“, peut on lire dans la déclaration.

Cette trainée de poudre se produit à la suite de l’indignation provoquée par les observations de Vicente Fox au milieu du mois de mai selon lesquelles les émigrants mexicains prennent des emplois que “même les noirs ne veulent pas faire aux Etats-Unis “. Fox a passé de nombreux jours à expliquer et à finalement s’excuser pour les “sentiments qu’il a pu blesser“. Il le fit personnellement devant le révérend Jesse Jackson, qui a rendu visite à Fox dans sa résidence officielle, Los Pinos, le 18 mai.

Mercredi soir par téléphone, à Little Rock, Arkansas, Jackson a indiqué qu’il pensait que le “type zambo*” du timbre était humiliant et”de plusieurs façons pire que ce qu’avait dit le président Fox le mois dernier“.

J’ai appelé l’ambassadeur mexicain à Washington et je lui ai demandé d’appeler le président Fox et j’ai demandé qu’il présente des excuses et fasse retirer le timbre du marché‘, a indiqué Jackson.

Le timbre oblige à présent le Mexique à réexaminer un problème qui reste normalement souterrain. Nombreux sont eux qui ici et ailleurs en Amérique Latine disent que leurs sociétés sont plus classistes que racistes pour expliquer la discrimination que subissent les indigènes et les noirs. L’argent et l’histoire familiale, selon eux, sont les véritables marqueurs sociaux.

Mais de nombreux spécialistes de la société disent que les mexicains ayant la peau claire et d’origine européenne sont généralement avantagés dans la lutte pour l’emploi, l’ascension sociale, l’éducation et autres services publics.

Il n’est pas fréquent que les pages de sociétés des journaux locaux présentent des mexicains noirs, et les indiens apparaissent rarement dans les programmes de télévision.

La société mexicaine est fondamentalement raciste et classiste“, affirme Guadalipe Loaeza, chroniqueuse dans un journal local. “La couleur de ta peau est la classe qui ouvre ou ferme les portes. Plus claire est la couleur de ta peau, plus de portes s’ouvrent pour toi“.

Le racisme s’étend aux choix politiques, ajoute-t-elle.

On pense que de nombreux mexicains de classe moyenne haute voteront contre le candidat à la présidence et maire de la ville de México, Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la Révolution Démocratique, car il est partiellement indigène et de peau basanée, indique Loaeza. Ce groupe de votants a tendance à appuyer Santiago Creel, du Parti de l’action Nationale, car il a la peau claire et les yeux bleus.

Le racisme est une des multiples formes de discrimination qui existent au Mexique, comme l’indique une enquête publiée le mois dernier par le secrétariat fédéral due développement social.

Il est indiqué que 80 pour cent des mexicains, parmi eux des femmes, des enfants, des indiens et des invalides et des personnes âgées souffrent d’une forme quelconque de discrimination.

Au Mexique, le problème du racisme s’exprime souvent contre les indigènes qui reçoivent le pire traitement de “mille façons différentes“, affirme Loaeza.

La discrimination anti-noire devrait être située dans un “contexte mexicain“, car l’histoire du pays est très différente de celle des Etats-Unis, indique le professeur Sagrario Cruz, de l’Université de Veracruz.

Il n y a pas eu au Mexique une lutte pour les droits civils“, indique Cruz. “Il n’existe pas une conscience d’être noir. La majorité des noirs mexicains ne se pensent même pas comme noirs‘.

Cependant José Luis Gutiérrez Espíndola, du Consejo Nacional de Prevención de la Discriminación(Conseil National de la Prévention de la discrimination) affirme que de nombreux mexicains noirs se sentent marginalisés. Les noirs sont plus pauvres et reçoivent moins d’éducation et de services sociaux que tout autre groupe démographique mexicain, indique-t-il. “Ils ne se sentent pas intégrés au pays”.

Gregory Rodríguez, un écrivain de Los Angeles qui est en train de réaliser une étude pour un livre sur la manière dont le passé du Mexique peut façonner le futur des Etats-Unis affirme que le Mexique est une incongruité raciale qui a évolué pendant cinq siècles, sans trouver de solutions un grand nombre de tensions qui la touchent.

Le Mexique n’est pas confortable quand vient le temps de traiter de son propre héritage blanc et métisse, encore moins de son héritage noir “, indique Rodríguez.

Les sentiments que l’on retrouve au Mexique par rapport à son héritage noir, selon Rodríguez, peut être perçus à travers les descriptions artistiques de ses héros nationaux, comme, José María Morelos, un des chefs lors de la Guerre d’indépendance mexicaine. Sur certaines peintures et sculptures, Morelos, qui était partiellement noir est représenté avec la peau foncé et le cheveu bouclé .Sur d’autres, il a la peau claire et semble plus européen.

José María Morelos (1)

José María Morelos (2)

La sociologue Luisa Strickland indique que les noirs mexicains -dont les ancêtres en majorité entrèrent au pays il y a des siècles par la ville portuaire de Veracruz, pour y travailler en tant que journaliers dans les plantations de sucre – sont “le peuple oublié et invisible” du Mexique.

Les états de Veracruz et de Guerrero sont toujours les centres de concentration de la population noire et mulâtresse du Mexique, estimée à un peu plus de 1 million parmi les 105 millions de personnes que compte le pays. Presque 12 millions de mexicains sont indigènes.

Les noirs de Veracruz selon Cruz dont fiers de leur origine, et particulièrement du chef des esclaves africains Gaspar Yanga, qui organisa une révolte à la fin du 16ième siècle et début du 17ième. Cette révolte se termina par l’établissement de Yanga, la première ville des noirs libres d’Amérique.

Gaspar Yanga

Le Mexique a aboli l’esclavage en 1829, plus de trois décennies avant les États-Unis. Mais, malgré le fait que le racisme anti-noir soit interdit par la loi mexicaine, selon Cruz, la discrimination continue d’être évidente dans la culture populaire. “Il suffit de regarder la télévision mexicaine et de voir les types de personnes qui apparaissent à l’écran. Ils sont blonds aux yeux bleus. Beaucoup de mexicains ne savent même pas que nous avons une importante population noire“, indique Cruz.

Le directeur des services postaux Islas a insisté sur le fait que les timbres servaient à commémorer un personnage culturel apprécié.

“Dans le courrier, il n y a pas de races, il n y a pas de couleur, il n y a pas de position sociale”, indique t-il. “Il s’agit simplement d’un excellent service qui achemine des lettres dans les endroits les plus éloignés

©los angeles times

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Zambo : Adj, Américanisme, se dit d’une personne : fils-fille d’un noir et d’un(e) indien(ne).

http://www.rebelion.org/ddhh/negras170601.htm

CIAD II : Le Président du Sénégal propose un bloc économique et culturel pour l’Afrique et sa Diaspora

23 août , 2007 at 11:58 | In Afrique-Afrodescendants, Business, CIADII, Politique, Économie | Leave a Comment
Salvador, 12/7/06 – Une alliance panafricaniste, constituée par toutes les nations africaines et de la –sa Diaspora, avec pour but de renforcer le développement culturel, social et économique du continent africain : telle a été la proposition du président sénégalais Abdoulaye Wade, lors de la cérémonie d’ouverture officielle de la Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora qui réunira plus de 1000 intellectuels jusqu’à ce samedi 15 juillet dans la capitale bahianaise.


Présent lors de l’ouverture officielle, le président Lula a également été très applaudi lorsqu’il a évoqué le rôle fondamental que le Brésil joue désormais en étant devenu le promoteur d’un agenda commun pour le développement intellectuel et social des Amériques et de l’Afrique. La proposition du dirigeant sénégalais est également partagée par les autres dirigeants africains présents au colloque international.

Le Pan africanisme comme inspiration:

Le président Wade au CIAD II Abdoulaye Wade a également souligné l’apprentissage du panafricanisme qu’il a fait au cours de sa formation politique. Pour le dirigeant de ce pays situé dans la partie nord de l’Afrique face à l’Océan Atlantique – à à peine trois heures et demie en avion de Recife, la capitale de Pernambuco – avec l’union des quelques 53 nations africaines autour de la construction d’une identité, il sera possible de réaliser les efforts pour régler les problèmes sociaux du continent, en terme de globalisation et de massification culturelle. Ce “partenariat”, selon Wade, passe par le fait pour le Sénégal d’assumer cette proposition d’intégrer dans le même bloc africain toute l’Amérique du Sud et les Caraïbes. “En introduisant cette alliance panafricaniste, nous proposons de cheminer dans le sens contraire du nationalisme et des régimes individualistes, si présents au XXIème Siècle.”

L’Union Africaine donne également son appui:

L’initiative de la création d’un bloc panafricaniste est également soutenue par la déclaration du président de l’Union Africaine. Dans son discours, l’ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, a également souligné que la négociation d’une nouvelle union africaine ne va pas fragmenter l’identité des pays, mais engagera le continent en le conduisant vers une autre Afrique, qui se trouve dans la-sa Diaspora. Faisant référence au CIAD II, Konaré a également évoqué d’autres rencontres historiques qui se sont tenues lors des décennies antérieures, lesquelles avaient également abordé les relations entre les pays en vue de la constitution d’un bloc africain. Sur la réunion des intellectuels à Bahia, celui qui dirige l’Union Africaine depuis 2003 a rappelé que les intellectuels ont un rôle fondamental dans le formatage d’une Afrique nouvelle, multiple et diverse dans ses façons de penser et de produire de nouvelles initiatives. La Nation Africaine est la seule qui va nourrir les enfants, sortir les africains de la marginalisation économique et sociale. Cela permettra que notre continent soit un partenaire respectable des grandes communautés internationales“, a conclu le président de l’Union Africaine.

Abdias do Nascimento reçoit l’Ordre du Rio Branco:

Abdias do Nascimento recevant la médaile des mains du Président Lula

L’ancien sénateur, militant, sculpteur et plasticien, Abdias do Nascimento fait désormais partie, à auge de ses 94 ans, des personnes les plus honorées par l’État Brésilien. Le créateur du Teatro Experimental Negro (Théâtre Expérimental Nègrer) a reçu des mains du président Luís Inácio Lula da Silva la médaille de l’Ordre de Rio Branco. Lorsque l’insigne a été épinglé sur Abdias, le public présent s’est levé pour applaudir le militant. Ému, Abdias l’a remercié de son geste en levant la main et en faisant le signe de la victoire, dédié aux invités qui participent à la conférence au Centre des Conventions de Bahia. L’ancien sénateur a également reçu l’affection de la Secrétaire Spécial des politiques de Promotion de l’Égalité Raciale, la ministre Matilde Ribeiro.

La ministre Matilde Ribeiro

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

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