Marfa Inofuentes, fière afrobolivenne

24 août , 2007 à 12:15 | Publié dans AfroBoliviens, Culture, Histoire, Marfa Inofuentes | Laisser un commentaire

Pendant 18 ans, elle n’avait pas conscience de ses racines. Les tambours l’ont réveillé

avec l’appel de sa race. Elle est dorénavant conseillère du Mouvement Culturel Saya Afroboliviana.

Marfa Inofuentes est née et a grandi dans la ville de La Paz, capitale de la Bolivie.

Elle a passé peu de temps dans la communauté des Yungas ou se trouve la majorité des afrodescendants boliviens.

 

Marfa Inofuentes

En 1980 est apparue pour la première fois la Saya, danse qui identifie pleinement les Yungas, dans la ville de La Paz. La Saya était interprétée dans toutes les manifestations de la communauté, exprimant leurs sentiments à double sens, tant la joie que la tristesse, tant les demandes que les plaintes adressées au maître.

"Tout a commencé avec la chanson  Llorando se fue, présentée par  Los Kjarkas comme saya, 
même s'il s'agit du caporal. Nous l'écoutions à la radio, et cela provoqua en nous une grande 
confusion", commente Marfa.

Le caporal provient de le saya. A travers le caporal, on représente le contremaître de la propriété, qui tient le fouet. L’inspiration ici n’est pas afro. Cela a motivé de nombreuses personnes à s’organiser autour du thème de la danse. « Ça a fait bouger mon cœur. Je me suis dit: « Mon Dieu, mais où est-ce que j’étais? Que m’est il arrivé? Je dois être présente ici, c’est là que se trouve ma place et je dois être avec mes gens. C’est de la que tout est parti. Cela a commencé à naître au fond du coeur ».

Un autre facteur qui les a poussé à s’organiser est que beaucoup des jeunes qui émigraient à La Paz, dans les années 80, se trouvaient face à un mur qu’ils n’arrivaient pas à abattre : la discrimination. « La vie dans les campagnes est différente de celle en ville, où on doit affronter la discrimination. On subit des traumatismes psychologiques, car en ville, voir les « afros » est un signe de bonne chance pour les métisses et les aymaras. Ils se pincent comme si on était des amulettes. Ça fait mal, car c’est une offense pour nous. Cela n’arrivait jamais dans les Yungas. »

Marfa a eu la chance de travailler dans un musée. Consciente que tout travail honnête n’est pas dénigrant, elle réalisait ses taches le mieux possible, même s’il s’agissait de distribuer les invitations ou de faire le ménage entre autres. Il était impossible pour elle de travailler comme secrétaire ou d’occuper tout autre emploi semblable. Pendant les cérémonies – elle était reléguée dans un coin, et elle ne pouvait rencontrer personne, comme si elle faisait partie du décor de la pièce et rien de plus.

Un jour, alors que le mouvement était à ses débuts, le directeur du musée alla jusqu’à lui dire : « Qu’est-ce que tu vas faire avec ces petits nègres? Consacre toi à d’autres choses. Tu perds ton temps… », une façon pour lui de la décourager.

Pour Marfa, la meilleure façon de vaincre la discrimination est d’élever son auto estime. Les afro-boliviens l’avaient très basse et depuis longtemps. Depuis la période coloniale, ils étaient considérés comme des objets, une force de travail, n’ayant pas de raison et par conséquent dépourvus de droits. Cela créa une espèce de tare mentale; les afrodescendants croyaient réellement qu’ils ne devaient que travailler fort, et qu’ils étaient incapables d’étudier ou d’être professionnels.

Pour contrebalancer ce sentiment, ils ont travaillé pour savoir qui ils sont et d’où ils viennent , un aspect important pour se valoriser et démontrer qu’ils peuvent être professionnels et qu’ils ont toutes les capacités du monde.

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

© caoba 2006

Angélique Kidjo déclare son amour pour le Brésil

24 août , 2007 à 12:14 | Publié dans Afrique-Afrodescendants, Angélique Kidjo | Laisser un commentaire

Brasília, 10/8/06 – Star internationale invitée du CIAD II, la chanteuse Angélique Kidjo, militante noire et originaire du Bénin a fait parvenir une correspondance officielle à la Fondation Culturelle Palmares/minC. Dans sa lettre adressée au président de l’institution publique fédérale, le professeur et docteur Ubiratan Castro de Araújo, la chanteuse africaine remercie la FCP pour son invitation a participer à la CIAD CULTURELLE, évènement artistique et culturel qui s’est tenu du 12 au 15 juillet dernier en même temps que la Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora, à Salavador de Bahia.

Angélique a indiqué que le Brésil occupe une place très importante dans son cœur, raison pour laquelle elle remercie le peuple brésilien, et particulièrement les bahianais pour l’accueil qu’ils lui ont réservé à Salvador. La chanteuse s’est déclarée très liée à la culture de la Diaspora Américaine et a souligné la profonde émotion qu’elle a ressentie en participant au concert musical organisé le 14 juillet, date de son anniversaire. A cette occasion, un hommage avait été rendu à Angélique avec une carte et un bouquet de fleurs offerts par la FCP. L’artiste a conclu la correspondance en se mettant à la disposition de la Fondation Culturelle pour soutenir l’institution dans toute action ou activité qui fait la promotion de la culture noire et d’intégration avec les pays africains.


Femme, chanteuse et militante:


Angélique Kidjo n’est pas seulement l’une des vedettes les plus électrisantes de la musique pop actuelle, mais elle est

également l’une des artistes les plus avant-gardistes et créatives. Née au Bénin et résidant entre Paris et New York, Kidjo a

débuté sa carrière solo en 1989, en croisant les frontières musicales entre funk, jazz, salsa, rumba, zouk et makossa.

Black Ivory Soul d’Angélique Kidjo

Dans Black Ivory Soul (Columbia Records), son septième album, Kidjo explore la parenté musicale entre l’Afrique et le Brésil –particulièrement entre le Bénin, sa terre natale Bahia (il faut rappeler que le Bénin est l’une des régions d’origine des Yorubas, groupe ethnique ayant une grande présence a Bahia). Le CD présente une mixture de percussions de rythmes africains et brésiliens interprétés par les meilleurs instrumentistes de Bénin et de Salvador, et offre trois compositions en duo avec Carlinhos Brown, en plus de la relecture de « Refavela« , classique de Gilberto Gil.

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

Les afrodescendants en Amérique Ibérique

24 août , 2007 à 12:13 | Publié dans Culture, Démographie, Discrimination, Histoire, Racisme, Société | Laisser un commentaire
Malgré leur contribution importante au métissage ethnique, culturel et religieux en Amérique Ibérique, les afrodescendants ont toujours été une population invisibilisée. La discrimination ethnique et raciale qu’ils ont supporté au cours de l’histoire a mis de nombreux groupes de sa population dans une situation de marginalité, caractérisée par de forts indices de pauvreté et d’analphabétisme, autant en zone rurale qu’en zone urbaine.

Afrodescendante d’Amérique Latine


Cette même discrimination explique en bonne partie le fait que malgré son importance numérique, on éprouve des difficultés à connaître son nombre avec précision.

La plupart des estimations effectuées ont fait des appréciations à la baisse. Malgré cela, certaines publications récentes présentent des chiffres qui évaluent approximativement la population afrodescendante à 150 millions de personnes, soit environ un tiers de la population totale de l’Amérique Latine.

Les pays où l’on trouve le plus grand pourcentage d’afrodescendants au sein de la population sont la République  Dominicaine (84 pour cent), Cuba (62 pour cent) et le Brésil (46 pour cent). Suivent la  Colombie (26 pour cent), le Panama (14 pour ccent), le Vénézuela (10 pour cent), le Nicaragua (9 pour cent), l’Équateur (10 pour cent) et le Pérou (5 pour cent). Avec moins  de 5 pour cent de population afrodescendante, on peut citer des pays comme le Paraguay (3,5 pour cent), l’Uruguay (4 pour cent), le Honduras (2 pour cent), le Costa Rica (2 pour cent) et la  Bolivie (2 pour cent), selon des données obtenues du  rapport sur la situation des afrodescendants en Amérique Latine, réalisé en 2003, par la Consulta Interagencial sobre Raza en América Latina (IAC) et le Programme des Relations Raciales du Dialogue Interaméricain.

Esclaves noirs au Brésil

Malgré cette situation de marginalisation, les afrodescendants ont développé une culture qui leur est propre, et par laquelle ils ont contribué au métissage ethnique et culturel en Amérique Ibérique.   L’échange a été réalisé dans deux directions de telle sorte que l’héritage africain an fusionné à la fois avec la culture occidentale et avec la religion catholique. La faible connaissance de la situation des afrodescendants latino-américains, autre conséquence de son invisibilisation, a simplifié la perception de sa réalité.Ils constituent cependant une communauté très diverse et complexe, qui malgré leur origine commune,  présente des caractéristiques organisationnelles et culturelles propres dans chacun des pays latino-américains.

Afrodescendante d’Amérique Latine

L’origine et l’histoire des afrodescendants en Amérique Latine, met en évidence les obstacles structurels que cette population doit affronter pour améliorer sa situation. Cependant, certaines initiatives de l’État et l’action menée par cette population elle-même pour défendre ses droits montrent que malgré les difficultés, des avancées dans la lutte contre la discrimination des afrodescendants peuvent être opérées. Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbargahttp://www.ciberamerica.org/Ciberamerica/Castellano/Areas/identidad/diversidad/afrodescendientes/inicio.htm

Conscience culturelle et ethnique des Afromexicains

24 août , 2007 à 12:12 | Publié dans AfroMexicain, Bobby Vaughn, Culture, Société | Laisser un commentaire

José Carreño/Correspondant – El Universal Vendredi 13 mai 2005 Nación, page 17


Les afromexicains commencent à peine à avoir conscience d’eux-mêmes et de leur identité culturelle et ethnique, affirme Bobby Vaughn, de l’université Notre Dame de Namur. L’histoire officielle du Mexique « laisse les afromexicains en dehors de la conscience nationale » y compris pour eux-mêmes , indique l’universitaire dans l’introduction de son étude  « Un examen de la negritud » au Mexique.(Un examen de la négritude au Mexique) .

Afromexicains, village de Petaca, Costa Chica

De fait, selon l’universitaire,  beaucoup d’afromexicains n’ont même pas conscience de l’être, une affirmation partagée par d’autres spécialistes d’autres régions. Dans la zone de  Veracruz, par exemple, la population d’origine africaine se considérait simplement comme « cubaine« . Même s’il ne semble pas avoir de nombreuses différences au sein de la population, il affirme que la réalité est que les afromexicains font face à des problèmes considérables relatifs à la couleur de leur peau, et il décrit des situations tant personnelles comme les problèmes de mariage, que d’autres liés  aux opportunités d’emploi et de progrès social. Les problèmes de discrimination se posent lorsqu’ils quittent leur région, toutes les fois qu’on les considère fréquemment  comme des étrangers, car de nombreux mexicains ne sont pas conscients qu’il y a des personnes d’origine africaine appartenant à la population. Vaughn indique que les problèmes des afromexicains n’ont pas diminué avec leur migration et ils se sont même un peu amplifiés pour ceux qui se sont établis aux Etats-Unis, où  ils ne sont pas considérés comme afroaméricains, mais simplement comme  « hispanos ». On trouve des groupes d’afromexicains à Chicago et en Caroline du Nord.Depuis 10 ans,  Vaughn a centré son travail dans la région appelée « costa chica », qui comprend une partie de la côte mexicaine du Pacifique, en partant d’Acapulco (Guerrero) au nord jusqu’à  Puerto Ángel (Oaxaca) au sud.

Trois générations d’Afromexicains

Dans cette région, selon ses estimations, il y a entre 15 000 et 50 000 afromexicains dans la zone de Guerrero et environ 35 000 à Oaxaca. Ce ne sont cependant pas les seules régions du pays où sont implantées des populations de race noire ou qui en descendent.

Selon certaines estimations, il y aurait aujourd’hui entre 600 000 et 1 million de descendants d’esclaves africains emmenés au Mexique durant la colonie espagnole, particulièrement dans les régions de Guerrero, Oaxaca et Veracruz

© 2006 Copyright El Universal

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

http://www2.eluniversal.com.mx/pls/impreso/version_imprimir?id_nota=125059&tabla=nacion

Femmes afrodescendantes et Leadership en Amérique Latine

24 août , 2007 à 12:10 | Publié dans Afro Costaricain, Afrodescendantes, Epsy Campbell, Politique, Société | Laisser un commentaire

Par Donald Nadalin

Le 16 février, La Consulta Interagencial sobre Raza en América latina (Consultation Inter Agence sur la race en Amérique Latine) a organisé un déjeuner privé lors du Dialogue Interamericain avec la Députée Epsy Campbell du Costa Rica.



Récemment élue présidente de son parti, Partido Acción Ciudadana (PAC, Parti Action Citoyenne), la Députée Epsy Campbell a évoqué l’impact des femmes afrodescendantes leaders en Amérique Latine. Des représentantes de Organización Negra Centroamericana (ONECA) et de Conferencia del Liderazgo de Mujeres de las Américas (Conférence des Femmes Leaders des Amériques) étaient également présentes.

La Députée Epsy Campbell

La complexité du croisement entre la race et le genre dans les démocraties émergentes et la question des moyens avec lesquelles les femmes afrodescendantes affrontent ces défis ont constitué l’élément central du débat.

Campbell a commencé par dire qu’il est fondamental de comprendre que les sociétés globales considèrent le racisme comme un problème structurel. La population afrodescendante est très souvent considérée comme une minorité, alors qu’elle constitue la majorité de la population dans beaucoup d’endroits de la région. Le terme minorité a été utilisé comme un outil politique beaucoup plus que comme une description démographique.

Parlant des femmes afrodescendantes sur le marché du travail, Campbell a indiqué qu’elles occupent les postes à plus bas salaires et historiquement, elles se sont incorporées à la main d’œuvre à un âge peu élevé. Cependant, cette tendance à faire partie très vite du marché du travail a eu trois impacts positifs

(1) Les femmes afrodescendantes sont souvent économiquement indépendantes de leurs maris;

(2) Habituellement, les hommes en Amérique Latine considèrent qu’il est plus difficile de dominer les femmes afrodescendantes car elles sont autonomes; et

(3) ces femmes ont tendance à mettre fin à des relations abusives plus facilement, car elles sont moins dépendantes de leur partenaire masculin. Comme exemple, Campbell a observé que les femmes afrodescendantes étaient le premier groupe à voyager aux Etats-Unis pour chercher de meilleures opportunités d’emploi lorsque les migrations en Amérique Centrale augmentèrent dans les années 70.


Évoquant le leadership politique, Campbell a indiqué que l’un des obstacles permanents pour les femmes est le fait que les structures politiques ont été élaborées pour les hommes. Même si les femmes ont désormais le droit légal de participer, la réalité de l’exclusion et de la discrimination reste présente. Il y a moins de 40 femmes afrodescendantes dans la politique au niveau national dans toute l’Amérique Latine, et 26 de ses femmes se trouvent au Brésil. Cela ne représente même pas 1% de la population.

Matile Ribeiro, Ministre brésilienne, Leader politique Afrodescendante

Il y a quatre défis fondamentaux pour le chemininement politique futur des femmes afrodescendantes.

 - Premièrement, les femmes noires doivent gagner l'espace en tant que fonctionnaires élues.
 La difficulté ici se résume au dégoût qu'éprouvent les femmes leaders à rentrer dans la politique, 
car elles la perçoivent comme étant un monde corrompu  ou requérant également de nombreux compromis.
 - Deuxièmement, les femmes afrodescendantes doivent gagner des places importantes dans les partis politiques.
 Les partis politiques continuent d'être la base des processus de construction démocratique et politique, et par conséquent,
 initier la participation des femmes noires requérerait un appui politique fondamental très fort des partis politiques.
- Troisièmement, les femmes afrodescendantes devront atteindre ces objectifs à l'intérieur des systèmes politiques émergents
 dans lesquels des secteurs de la population sont exclus ou marginalisés.   
 - Enfin, les femmes afrodescendantes devront travailler beaucoup plus fort que les hommes politiques en élaborant leur propre 
agenda sur la race et le genre tout en appuyant l'agenda national. Les femmes afrodescendantes ne peuvent pas être considérées comme 
des concurrents politiques sérieux, à moins qu'elles entrent dans l'arène politique, économique, dans le monde des affaires, ainsi que dans
 les secteurs de la santé et de l'éducation.

C'est tout juste si comme au niveau national, le genre et la race sont des thèmes fondamentaux au niveau local. Au Costa Rica, les maires 
désignent deux maires-adjoints, et selon la législation actuelle, l'un d'eux doit être une femme. Prenant son propre parti en exemple, la
 Députée Campbell a observé qu'au PAC, il existe une parité homme – femme (50/50) à tous les niveaux structurels du parti.

Les femmes sont souvent plus identifiables par le public que les hommes. Malheureusement, il n y a toujours que seulement que deux femmes afrodescendantes dans le parti, dit-elle.

C’est de la même façon que les femmes afrodescendantes occupent l’espace dans le leadership politique qu’elles servent de modèles et deviennent une référence pour les autres.

Traduit de l’esapgnol par Guy Everard Mbarga

http://www.iadialog.org/iac/esp/events/Liderazgodemujeresafrodescendientes.htm

MAKANDAL, Marron Nègre Haïtien

24 août , 2007 à 12:07 | Publié dans Haïti, Histoire, Makandal, Nègre Marrons, Politique, Rebellion, Revendications | Laisser un commentaire

1779. Le bateau négrier accoste sur le quai de Cap Haïti au nord du pays.
Parmi les deux cents esclaves partis de Guinée, dans la lointaine Afrique, seuls quarante arrivent.
Les autres sont morts durant la traversée et ont été jetés aux requins.Parmi les survivants se trouve Makandal, un noir mandingue au corps sculptural et à la voix grave, que les chaînes ne semblent pas blesser.  Lors de la vente aux enchères, un monsieur propriétaire de plantations de canne à sucre l’achète.

 

 

Makandal coupe la canne à sucre comme personne d’autre, mais il perd un bras dans le moulin et commence à s’occuper du bétail. Il commence à se sentir inutile. La nostalgie de sa terre et de son peuple l’envahit, et la peine occupe sa pensée. Cependant, il ne se laisse pas vaincre, se confie aux dieux noirs et trouve une raison de vivre dans l’observation de la nature.Il connait ainsi de nombreuses plantes, différentes de celles de son coin de pays, mais aussi instructives qu’elles.  Ce sont des plantes rares, auxquelles personne d’autre n’a prêté attention jusque là.Il découvre un champignon qui rend malade et peut tuer… Et il le donne à manger au chien de Monsieur. Et tandis qu’il le regarde s’effondrer, Makandal a en tête la souffrance de son peuple…
Un jour il disparait de la propriété: on ne le trouve pas dans la cour des vaches, ni dans la cuisine, et encore moins dans grande baraque ou dorment les esclaves. Il n’est nul part. « Makandal est un mandingue, et chaque mandingue est un rebelle. Il s’est désormais fait nègre marron et celui qui le rencontrera devra m’en informer « , crie le français à ses esclaves.

Arrive la saison des pluies : les fleuves et les ruisseaux augmentent de volume et débordent de leur lit, mais Makandal ne donne aucun signe de vie. La saison des pluies passe et les fleuves retrouvent leurs lits…

Un jour, l’esclave Tinoel qui croyait que son ami était mort reçoit un message: « J’envoie te chercher, car notre temps est venu, le temps des nègres. Nous n’avons pas d’armes, mais nous possédons la sagesse de Run le guerrier, et l’intelligence du grand Oxosse ». En quelques semaines, le champignon vénéneux envahit les étables et les pâturages. Vaches, bœufs, chevaux et brebis tombent par centaines, couvrant la région de l’odeur de charogne. La peste ne tarde pas à pénétrer la maison de l’homme blanc. Makandal proclame la « campagne de l’extermination  » pour la création « d’un empire de noirs libres ».
 Soldats et contremaîtres se lancent à sa chasse…ils fouillent tous les recoins, mais ne le trouvent pas. Pourtant les yeux de ses frères le voient partout: « Il porte le costume des animaux-disent-il-, s’approprie du cours des fleuves, parle par la bouche du vent, connait chaque arbre, chaque caverne… ».  Son épopée dure quatre années durant lesquelles il est transformé en lézard, en cobra, en oiseau ou toute autre bestiole. Quatre années pendant lesquelles il sort de ses cachettes pour assister aux rites durant lesquels les dieux africains sont vénérés.Arrive le mois de décembre, période de festivités nègres à Haïti.

Après le tambour sacré surgit la silhouette de Makandal. Personne ne le salue, mais son regard affectueux rencontre celui de chacune des personnes présentes et les bols d’eau chaude passent de mains en mains jusqu’à celles du visiteur assoiffé.


Toute la joie ambiante fait même oublier à tout ce monde que les blancs sont toujours là, et que la trahison reste possible… Et vingt soldats l’emportent devant le regard étonné des ses frères. Le chant triste des tambours résonne depuis le fleuve Artibonite jusqu’à l’île de la Tortue. Sur la place centrale, tut est prêt: les autorités sont confortablement installées dans l’église, et les esclaves sont près du bûcher, obligés par leurs maîtres de voir le « feu de l’exemple ».

Makandal parle avec  Oxosse et Run: « Grands dieux de mon peuple, je vous demande de me laisser rester dans ce monde, pour poursuivre la lutte pour mon peuple « .

Les flammes commencent à monter sur ses pieds; Makandal pousse un cri, ses liens se défont et son corps s’étire dans les airs, sautant par-dessus la multitude qui observe.
Puis il disparait.Les prêtres noirs font passer le message : « Makandal est resté parmi nous, dans le règne de ce monde « .
Les indépendantistes qui déclarent la « Première République Noire du continent  » en 1789 s’inspirent de lui, ainsi que les paysans guérilleros que résisteront f à l’occupation nord américaine de l’île en 1915. Aujourd’hui, lorsqu’une révolte populaire éclate, dans les taudis et les plantations de café, on peut entendre certaines voix qui chantent : « Ici marche le manchot avec son peuple. Ici marche le mandingue, qui est resté dans ce monde. Ici marche Makandal… ».
 

Drapeau de la Première république noire d’Amérique

Les indépendantistes qui déclarent la « Première République Noire du continent  » en 1789 s’inspirent de lui, ainsi que les paysans guérilleros que résisteront à l’occupation nord américaine de l’île en 1915. Aujourd’hui, lorsqu’une révolte populaire éclate, dans les taudis et les plantations de café, on peut entendre certaines voix qui chantent : « Ici marche le manchot parmi son peuple. Ici marche le mandingue, qui est resté dans ce monde. Ici marche Makandal… ».

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Rebeliones Indígenas y Negras en América Latina ©Kintto Lucas 1ª edición, Ediciones Abya Yala, 1992, 2ª edición, Ediciones Abya Yala, 1997 3ª edición, Ediciones Abya Yala, 2000 4ª edición, Quincenario Tintají, 2004

Kintto Lucas est écrivain et journaliste né à Salto, Uruguay. Prix Latino américain de Journnalisme José Martí 1990. Plume de la Dignité 2004 octroyé par l’Union Nationale des Journalistes de l’Équateur. En Uruguay, il fut membre du Consejo Editorial del Semanario Mate Amargo. Il vit depuis 1992 à Quito ou il a été Éditeur Culturel et Éditorialiste du journal Hoy et éditeur da Revista Chasqui, en plus d’avoir chroniqueur dans les journaux El Comercio de Quito et Expreso de Guayaquil.

Il est actuellement correspondant de l’Agence de Presse Inter Press Service (IPS) et directeur du bimensuel Tintají de Quito. Certains des livres écrits par lui : La rebelión de los indios, traduit vers l’anglais avec le titre We Will Not Dance on Our Grandparent’s Tombs. Indigenous uprisings in Ecuador (Nus ne danserons pas sur les tombes de nos grands parents : rebellions indigènes en Équateur ); Rebeliones indígenas y negras en América Latina; Mujeres del siglo XX, Apuntes sobre fútbol, Plan Colombia, La paz armada y El movimiento indígena y las acrobacias del coronel

Afromexicains , oubliés et discriminés…

24 août , 2007 à 12:05 | Publié dans AfroMexicain, Économie, Culture, Discrimination, Histoire, Législation, Politique, Racisme, Revendications, Société | Laisser un commentaire
Bas de page

Chris Kraul y Reed Johnson México, México. Une série de timbres postaux récemment émise et représentant un personnage populaire noir avec les lèvres exagérément volumineuses – issu d’une ancienne revue de bandes dessinées – a relancé une controverse au sujet des comportements raciaux au Mexique, six semaines après que le Président Vicente Fox se soit vu obligé de présenter ses excuses pour les observations qu’il avait faites et qui furent interprétés comme offensantes pour les noirs américains

Les cinq nouveaux timbres représentent un personnage de bande dessinée appelé Memín Pinguín, un gamin de ville grivois qui vit grâce à son génie et son courage, qui fut l’un des personnages de bande dessinée mexicaine les plus vendus. Créé par Yolanda Vargas Dulche en 1947, le personnage reste très connu, même si sa popularité a atteint les sommets dans les années cinquante et soixante.

Un jour après l’émission des timbres, une grande agitation s’est faite ressentir lorsque des groupes de droits civils et de personnalités afro-mexicaines, y compris le chanteur pop Johnny Laboriel, affirmèrent que les images étaient scandaleuses.

Johnny Laboriel, Rocker afromexicain

« Bien sûr que les gens vont être offensés par la caricature« , a indiqué Laboriel ce mercredi. « L’idée de publier ce timbre postal est une grande stupidité.Ils le font sans penser aux conséquences« .

Gustavo Islas, directeur du service postaux du Mexique, a souligné que les timbres ont une valeur nostalgique. Nous n’avons aucune intention de les retirer de la circulation.

« Quiconque considère ce personnage comme quelque chose d’offensant regarde les choses de manière totalement trompeuses », a indiqué Islas, ajoutant que le personnage de bande dessinée est « un bon personnage sans que l’on donne une importance à la couleur de la peau« .

Le ministère des Affaires extérieures a publié une déclaration indiquant que personne ne devait se sentir offensé, « de la même façon que Speedy González n’a jamais été interprété de manière raciale par les mexicains, du fait qu’il est un personnage de bande dessinée« , peut on lire dans la déclaration.

Cette trainée de poudre se produit à la suite de l’indignation provoquée par les observations de Vicente Fox au milieu du mois de mai selon lesquelles les émigrants mexicains prennent des emplois que « même les noirs ne veulent pas faire aux Etats-Unis « . Fox a passé de nombreux jours à expliquer et à finalement s’excuser pour les « sentiments qu’il a pu blesser« . Il le fit personnellement devant le révérend Jesse Jackson, qui a rendu visite à Fox dans sa résidence officielle, Los Pinos, le 18 mai.

Mercredi soir par téléphone, à Little Rock, Arkansas, Jackson a indiqué qu’il pensait que le « type zambo* » du timbre était humiliant et »de plusieurs façons pire que ce qu’avait dit le président Fox le mois dernier« .

« J’ai appelé l’ambassadeur mexicain à Washington et je lui ai demandé d’appeler le président Fox et j’ai demandé qu’il présente des excuses et fasse retirer le timbre du marché‘, a indiqué Jackson.

Le timbre oblige à présent le Mexique à réexaminer un problème qui reste normalement souterrain. Nombreux sont eux qui ici et ailleurs en Amérique Latine disent que leurs sociétés sont plus classistes que racistes pour expliquer la discrimination que subissent les indigènes et les noirs. L’argent et l’histoire familiale, selon eux, sont les véritables marqueurs sociaux.

Mais de nombreux spécialistes de la société disent que les mexicains ayant la peau claire et d’origine européenne sont généralement avantagés dans la lutte pour l’emploi, l’ascension sociale, l’éducation et autres services publics.

Il n’est pas fréquent que les pages de sociétés des journaux locaux présentent des mexicains noirs, et les indiens apparaissent rarement dans les programmes de télévision.

« La société mexicaine est fondamentalement raciste et classiste« , affirme Guadalipe Loaeza, chroniqueuse dans un journal local. « La couleur de ta peau est la classe qui ouvre ou ferme les portes. Plus claire est la couleur de ta peau, plus de portes s’ouvrent pour toi« .

Le racisme s’étend aux choix politiques, ajoute-t-elle.

On pense que de nombreux mexicains de classe moyenne haute voteront contre le candidat à la présidence et maire de la ville de México, Andrés Manuel López Obrador, du Parti de la Révolution Démocratique, car il est partiellement indigène et de peau basanée, indique Loaeza. Ce groupe de votants a tendance à appuyer Santiago Creel, du Parti de l’action Nationale, car il a la peau claire et les yeux bleus.

Le racisme est une des multiples formes de discrimination qui existent au Mexique, comme l’indique une enquête publiée le mois dernier par le secrétariat fédéral due développement social.

Il est indiqué que 80 pour cent des mexicains, parmi eux des femmes, des enfants, des indiens et des invalides et des personnes âgées souffrent d’une forme quelconque de discrimination.

Au Mexique, le problème du racisme s’exprime souvent contre les indigènes qui reçoivent le pire traitement de « mille façons différentes« , affirme Loaeza.

La discrimination anti-noire devrait être située dans un « contexte mexicain« , car l’histoire du pays est très différente de celle des Etats-Unis, indique le professeur Sagrario Cruz, de l’Université de Veracruz.

« Il n y a pas eu au Mexique une lutte pour les droits civils« , indique Cruz. « Il n’existe pas une conscience d’être noir. La majorité des noirs mexicains ne se pensent même pas comme noirs‘.

Cependant José Luis Gutiérrez Espíndola, du Consejo Nacional de Prevención de la Discriminación(Conseil National de la Prévention de la discrimination) affirme que de nombreux mexicains noirs se sentent marginalisés. Les noirs sont plus pauvres et reçoivent moins d’éducation et de services sociaux que tout autre groupe démographique mexicain, indique-t-il. « Ils ne se sentent pas intégrés au pays ».

Gregory Rodríguez, un écrivain de Los Angeles qui est en train de réaliser une étude pour un livre sur la manière dont le passé du Mexique peut façonner le futur des Etats-Unis affirme que le Mexique est une incongruité raciale qui a évolué pendant cinq siècles, sans trouver de solutions un grand nombre de tensions qui la touchent.

« Le Mexique n’est pas confortable quand vient le temps de traiter de son propre héritage blanc et métisse, encore moins de son héritage noir « , indique Rodríguez.

Les sentiments que l’on retrouve au Mexique par rapport à son héritage noir, selon Rodríguez, peut être perçus à travers les descriptions artistiques de ses héros nationaux, comme, José María Morelos, un des chefs lors de la Guerre d’indépendance mexicaine. Sur certaines peintures et sculptures, Morelos, qui était partiellement noir est représenté avec la peau foncé et le cheveu bouclé .Sur d’autres, il a la peau claire et semble plus européen.

José María Morelos (1)

José María Morelos (2)

La sociologue Luisa Strickland indique que les noirs mexicains -dont les ancêtres en majorité entrèrent au pays il y a des siècles par la ville portuaire de Veracruz, pour y travailler en tant que journaliers dans les plantations de sucre – sont « le peuple oublié et invisible » du Mexique.

Les états de Veracruz et de Guerrero sont toujours les centres de concentration de la population noire et mulâtresse du Mexique, estimée à un peu plus de 1 million parmi les 105 millions de personnes que compte le pays. Presque 12 millions de mexicains sont indigènes.

Les noirs de Veracruz selon Cruz dont fiers de leur origine, et particulièrement du chef des esclaves africains Gaspar Yanga, qui organisa une révolte à la fin du 16ième siècle et début du 17ième. Cette révolte se termina par l’établissement de Yanga, la première ville des noirs libres d’Amérique.

Gaspar Yanga

Le Mexique a aboli l’esclavage en 1829, plus de trois décennies avant les États-Unis. Mais, malgré le fait que le racisme anti-noir soit interdit par la loi mexicaine, selon Cruz, la discrimination continue d’être évidente dans la culture populaire. « Il suffit de regarder la télévision mexicaine et de voir les types de personnes qui apparaissent à l’écran. Ils sont blonds aux yeux bleus. Beaucoup de mexicains ne savent même pas que nous avons une importante population noire« , indique Cruz.

Le directeur des services postaux Islas a insisté sur le fait que les timbres servaient à commémorer un personnage culturel apprécié.

« Dans le courrier, il n y a pas de races, il n y a pas de couleur, il n y a pas de position sociale », indique t-il. « Il s’agit simplement d’un excellent service qui achemine des lettres dans les endroits les plus éloignés »

©los angeles times

Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga

Zambo : Adj, Américanisme, se dit d’une personne : fils-fille d’un noir et d’un(e) indien(ne).

http://www.rebelion.org/ddhh/negras170601.htm

Arts – Les dieux aussi dansent : Témoignage d’une artiste afro-cubaine

24 août , 2007 à 12:02 | Publié dans Afrique-Afrodescendants, AfroCubain, Culture, Histoire, Religion | Laisser un commentaire

Par: Anna Rodríguez Ojeda

 Lorsque débute l’importation des noirs esclaves africains vers 1501, parmi les nombreuses ethnies qui furent alors introduites à Cuba, on retrouve ceux qu’on appelle carabalíes, les ashanti et les congos, mais aucune d’elles plus importante en nombre que les yorubas, qui venaient de l’ancien Dahomey, du Togo et d’une grande partie du sud ouest du Nigeria. Le terme “yoruba” est une dénomination linguistique. Cette langue appartient à la famille kwa, élément important des différents dialectes africains.

Ogun

Les tribus yorubas étaient essentiellement agricoles et cultivaient la citrouille (courge) le sorgho, le mil, le sésame, le coton et la palme. Ils n’avaient jamais eu de monnaie, mais avaient connu le développement urbain le plus important de l’Afrique tropicale et un développement artistique sans pareille sur le continent.

…Et à Cuba, leur influence culturelle fondamentale se manifeste sur nous à travers leur religion, leur imagination, leur vitalité, et leur éblouissant univers coloré. Lorsque j’étais jeune fille, j’observais avec quelle dévotion ma grand-mère s’occupait des Orishas dans leur autel. J’avais enregistré dans ma petite tête de 8 ans ses enseignements et je lui obéissais lorsqu’elle me disait : “agenouilles-toi et demande aux Orishas de t’aider à résoudre tes problèmes”.

J’ai grandi et j’ai commencé des études d’Art à l’école Provinciale de Danse et de Ballet de Santiago et je me suis de nouveau retrouvé face à ces dieux adorés par ma grand-mère. Je les ai fais danser et ai représenté chacun d’eux a travers la danse. Son panthéon de déités et d’Orishas est ce qui m’a inspiré pour la création du spectacle : “También los dioses bailan”, (Les dieux aussi dansent), performance exécutée de groupe et dans les salles de théâtre.

Orishas

Ce spectacle a été très bien reçu sur les scènes d’Europe où nous l’avons présenté. Une de nos dernières représentations a été réalisée pour Aleida Guevara (la fille du Che) à Wisbaden (Allemagne).

Nous avons également eu l’opportunité d’effectuer une représentation au “Cuba im Film” (Festival de Cinema Cubain) qui se tient à Frankfort tous les ans.

Des chaînes de télévision allemandes comme celles de Hessen et d’ Offenbach ont repris notre travail ainsi que la Télévision Belge et TV Cubana.

Yemaya

A travers ce projet, on cherchait à défendre notre cubanité et notre tradition par laquelle nous souhaitons que l’on nous trouve. Selon moi, il est très important de montrer par la danse que nous ne devons pas oublier d’où nous venons, ni qui nous sommes; que l’identité est une partie de nous que nous ne devons pas perdre.

Cette culture est très ancienne et est même plus préservée à Cuba qu’au Nigeria même; et notre fameux chanteur yoruba aujourd’hui décédé, Lázaro Ross lui-même, disait ceci: “Les gens pleuraient au Nigeria en écoutant les chants dédiés aux Orishas”.

© caoba 2006

Traduit de l’Espagnol Par Guy Everard Mbarga

http://www.caoba.org/culture_club/dioses/article.htm

ZUMBI, Marron Nègre

24 août , 2007 à 12:00 | Publié dans Nègre Marrons, Rebellion, Revendications, Zumbi Dos Palmares | Laisser un commentaire

Zumbi Dos Palmares

1695. Le vieux nègre au cheveu blanc fume sa pipe appuyé contre un mur de pierre. Il fume et regarde les petits noirs qui courent sur la cour se faire réprimander par leurs mères. Il fume et se souvient… « Il y a déjà cent ans que fut fondé  Palmares. La sagesse d’Exu, la force d’ Ogún et la ruse d’ Oxosse nous font vivre… Et nos frères continuent d’arriver… « Comme il y a cent ans, cinquante ansou vingt ans, hier plusieurs noirs sont encore arrivés à Palmares… Ils y viennent car ils veulent devenir des êtres humains.
« Nous ne sommes pas des choses, nous avons notre histoire », ont-ils l’habitude de dire.
Ils fuient les mauvais traitements des plantations de canne a sucre qui s’étendent dans le nord est du brésil. Terre du soleil brûlant : forêt, désert et montagnes.  Ils ne veulent pas laisser leur cœur et leur âme dans les moulins. Ils se font marrons et se dirigent vers les montagnes à la recherche de la liberté de cette nation noire communautaire constituée de six villes : Macacos qui est la capitale, Subupira, Dambrabanga, Obenga, Tabocas et Arotirene.  Chacune d’elle est dirigée par un chef et sur les assemblées populaires définissent la direction à prendre.  Ils cultivent le haricot, le maïs, le manioc et le tabac; ils élèvent des poules et des porcs. La palme africaine qui couvre la montagne leur offre sa noblesse: les feuilles servent pour le toit, les murs et pour le lit; les fibres servent de matière pour le tissage de vêtements et de paniers; la pulpe du fruit sert d’aliment et la noix donne l’huile.   Ils sont une trentaine de mille, libres, maîtres de leur propre monde. Ils travaillent pour leur compte… et se reposent aussi, car  « le blanc ne vient pas ici, s’il vient, le diable se lèvera et  les coups vont pleuvoir ».  Au son des maracas, des tambours et des campanillas ils chantent et dansent; ils vénèrent leurs orixas, défendent leurs conquêtes avec les armes… et dans la nuit, ils mettent le feu dans les plantations de cannes à sucre… « Lorsque le jour se lève, de loin sur l littoral,  on aperçoit la fumée », pense le vieux noir, en souriant ironiquement et en lâchant quelques bouffées de fumée…
Les portugais sont préoccupés: en cent ans, plus de trente expéditions militaires ont essayé de détruire  Palmares… elles ont échoué.
 Certaines fois, les soldats-chasseurs de nègres finiront par devenir fous, engloutis par la forêt, d’autres incendieront des villages vides en croyant avoir vaincu…
Chaque fois ils pensent avoir gagné… ils ne vainquent pourtant que l’ombre qui apparait et disparait.
 Ni les hollandais qui ont occupé Pernambuco pendant de nombreuses années, ni ls portugais N’ont réussi à faire tomber Palmares…  Lorsqu’ils obtenaient quelques prisonniers, les hollandais les crucifiaient et les portugais les mutilaient pour faire peur à ceux qui étaient encore. « Quand les hollandais firent leur invasion –se souvient le vieux-, les portugais voulaient nous accorder la liberté pour que nous combattions à leurs côtés. Ils croyaient qu’on allait accepter… cette guerre n’était pas la nôtre, quelque eut été le vainqueur, il nous aurait maintenu en esclavage ».
Certaines des expéditions contre  Palmares étaient commandées par des noirs esclaves auxquels on donnait la liberté pour liquider leurs frères…

D’autres croisées étaient dirigées par des métisses  orgueilleux comme ce capitaine qui en 1677 déclarait à ses troupes avant le départ: « La nature a fait les esclaves pour qu’ils obéissent et ils ne pourront pas résister. Si nous en finissons avec eux, il y aura des terres pour planter notre propre canne à sucre, des noirs pour le travail et l’honneur pour tous  « .

Il est revenu défait… Et comme la victoire n’arrive pas, ils initient des pourparlers de paix… L’année suivante, à Recife, le gouverneur de Pernambuco représente la couronne portugaise, le chef Ganga Zumba représente Palmares, et l’évêque  sert d’intermédiaire.
Un accord est trouvé: « Les sanctuaires de Palmares seront délogés. Tous ceux qui y sont nés sont déclarés libres. Ceux qui portent la marque du feu incandescent redeviennent la propriété privée de leurs maîtres « . Des trente milles habitant de Palmares, seuls cinq mille acceptent l’accord.
« Le traitre méritait la mort, ce grand diable Ganga Zumba », pense le vieux nègre, et ses yeux s’illuminent.
 Zumbi, chef de Macacos et neveu de Ganga n’accepte pas ce qu’il considère comme une trahison. « Je ne crois pas à la parole de mes ennemis qui ne se croient même pas entre eux », dit-il à ceux qui restent… « Dix sept ans ont passé, et la résistance tient. Zumbí continue d’appliquer la justice du feu dans les champs de canne à sucre », pense le vieux.  Et alors qu’il se souvient et se réjouit dans ses pensées, à Recife se prépare la plus grande expédition militaire dont on a souvenir. Jorge Domingos, un métisse qui avait été contracté par la couronne portugaise pour exterminer les indigènes rebelles dans le désert de Pernambuco et du Río Grande du Nord, exécuteur de sa besogne, est appelé pour détruire Palmares.  Terres, noirs à vendre ordres religieux et grades militaires sont les récompenses en jeu.  On vide les prisons et les pauvres de tous les recoins viennent grossir l’armée la plus grande qui ait jamais été formée au Brésil.  Dix mille hommes: indiens, noirs et métisses -les européens commandent mais ne luttent guère-, traversent la  forêt et grimpent la montagne où  se trouvent les fortifications des noirs de Palmares. Les coups de canon qui réussissent à détruire la triple muraille de bois et de pierre  durent plusieurs jours. Après le combat corps à corps, les morts se comptent par milliers, d’autres en essayant de s’échapper glissent dans le précipice; il yen a aussi qui s’y jettent, préférant la mort à l’esclavage; très peu réussissent à s’enfuir…  Le vieux noir tombe les larmes aux yeux demandant aux orixas de protéger  Zumbí de l’acharnement ennemi…  De la côte, on peut voir la fumée qui surgit de la montagne tandis que les flammes ravagent Palmares. Le chef Zumbí a réussi à s’échapper et il s’engouffre dans la forêt et réunit ses frères.  Il y restera l temps de reconstruire les rêves… Une voix court parmi les esclaves, qui dit que « la mort ne peut toucher Zumbi »… Mais un jour, alors que le soleil est en train d’apparaitre arrive un noir dans la forêt, ami de Zumbi à Macacos.  Zumbi l’embrasse, le traître lui plante son poignard dans  le dos. Les soldats lui coupent la tête et l’accrochent sur une lance.  Ils la portent à Recife pour l’exhiber sur la place: « Ils comprendront ainsi que Zumbí n’est pas immortel », crient-ils. Le vent souffle très vite dans les ruines de Palmares. Le feu a tout ravagé… ceux qui ont vaincus pensent qu’avec Zumbí est morte la mémoire de Palmares… Et ils se trompent encore une fois, comme auparavant.  Les frères du chef disent que Zumbi continue de cheminer parmi les esprits et des fois, il décide d’apparaître ici-bas.Tant qu’un homme en exploitera un autre, il sera présent ici, entre le palmes, chantant le chant des labours, dansant au son des tambours, dirigeant son peuple entre le ciel et la terre… Les chefs des rebellions à venir continueront de s’appeler Zumbi…
Aujourd’hui, lorsque mille ou deux milles agriculteurs sans terre du nord occupent une propriété ou envahissent un village des dépôts d’aliments, certains se souviennent de Zumbi.
 Il est sur la route, descend dans les temples de candomblé, descend dans la rue et dirige les révoltes en fumant son charuto (Cigare). Tant qu’un homme exploitera un autre homme, il continuera d’apparaitre à travers les temps…

Traduit de l’Esapgnol par Guy everard Mbarga

Rebeliones Indígenas y Negras en América Latina ©Kintto Lucas 1ª edición, Ediciones Abya Yala, 1992, 2ª edición, Ediciones Abya Yala, 1997 3ª edición, Ediciones Abya Yala, 2000 4ª edición, Quincenario Tintají, 2004

Kintto Lucas est écrivain et journaliste né à Salto, Uruguay. Prix Latino américain de Journnalisme José Martí 1990. Plume de la Dignité 2004 octroyé par l’Union Nationale des Journalistes de l’Équateur. En Uruguay, il fut membre du Consejo Editorial del Semanario Mate Amargo. Il vit depuis 1992 à Quito ou il a été Éditeur Culturel et Éditorialiste du journal Hoy et éditeur da Revista Chasqui, en plus d’avoir chroniqueur dans les journaux El Comercio de Quito et Expreso de Guayaquil.

Il est actuellement correspondant de l’Agence de Presse Inter Press Service (IPS) et directeur du bimensuel Tintají de Quito. Certains des livres écrits par lui : La rebelión de los indios, traduit vers l’anglais avec le titre We Will Not Dance on Our Grandparent’s Tombs. Indigenous uprisings in Ecuador (Nus ne danserons pas sur les tombes de nos grands parents : rebellions indigènes en Équateur ); Rebeliones indígenas y negras en América Latina; Mujeres del siglo XX, Apuntes sobre fútbol, Plan Colombia, La paz armada y El movimiento indígena y las acrobacias del coronel.

CIAD II : Le Président du Sénégal propose un bloc économique et culturel pour l’Afrique et sa Diaspora

23 août , 2007 à 11:58 | Publié dans Afrique-Afrodescendants, Économie, Business, CIADII, Politique | Laisser un commentaire
Salvador, 12/7/06 – Une alliance panafricaniste, constituée par toutes les nations africaines et de la –sa Diaspora, avec pour but de renforcer le développement culturel, social et économique du continent africain : telle a été la proposition du président sénégalais Abdoulaye Wade, lors de la cérémonie d’ouverture officielle de la Conférence des Intellectuels d’Afrique et de la Diaspora qui réunira plus de 1000 intellectuels jusqu’à ce samedi 15 juillet dans la capitale bahianaise.


Présent lors de l’ouverture officielle, le président Lula a également été très applaudi lorsqu’il a évoqué le rôle fondamental que le Brésil joue désormais en étant devenu le promoteur d’un agenda commun pour le développement intellectuel et social des Amériques et de l’Afrique. La proposition du dirigeant sénégalais est également partagée par les autres dirigeants africains présents au colloque international.

Le Pan africanisme comme inspiration:

Le président Wade au CIAD II Abdoulaye Wade a également souligné l’apprentissage du panafricanisme qu’il a fait au cours de sa formation politique. Pour le dirigeant de ce pays situé dans la partie nord de l’Afrique face à l’Océan Atlantique – à à peine trois heures et demie en avion de Recife, la capitale de Pernambuco – avec l’union des quelques 53 nations africaines autour de la construction d’une identité, il sera possible de réaliser les efforts pour régler les problèmes sociaux du continent, en terme de globalisation et de massification culturelle. Ce « partenariat », selon Wade, passe par le fait pour le Sénégal d’assumer cette proposition d’intégrer dans le même bloc africain toute l’Amérique du Sud et les Caraïbes. « En introduisant cette alliance panafricaniste, nous proposons de cheminer dans le sens contraire du nationalisme et des régimes individualistes, si présents au XXIème Siècle. »

L’Union Africaine donne également son appui:

L’initiative de la création d’un bloc panafricaniste est également soutenue par la déclaration du président de l’Union Africaine. Dans son discours, l’ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, a également souligné que la négociation d’une nouvelle union africaine ne va pas fragmenter l’identité des pays, mais engagera le continent en le conduisant vers une autre Afrique, qui se trouve dans la-sa Diaspora. Faisant référence au CIAD II, Konaré a également évoqué d’autres rencontres historiques qui se sont tenues lors des décennies antérieures, lesquelles avaient également abordé les relations entre les pays en vue de la constitution d’un bloc africain. Sur la réunion des intellectuels à Bahia, celui qui dirige l’Union Africaine depuis 2003 a rappelé que les intellectuels ont un rôle fondamental dans le formatage d’une Afrique nouvelle, multiple et diverse dans ses façons de penser et de produire de nouvelles initiatives. « La Nation Africaine est la seule qui va nourrir les enfants, sortir les africains de la marginalisation économique et sociale. Cela permettra que notre continent soit un partenaire respectable des grandes communautés internationales« , a conclu le président de l’Union Africaine.

Abdias do Nascimento reçoit l’Ordre du Rio Branco:

Abdias do Nascimento recevant la médaile des mains du Président Lula

L’ancien sénateur, militant, sculpteur et plasticien, Abdias do Nascimento fait désormais partie, à auge de ses 94 ans, des personnes les plus honorées par l’État Brésilien. Le créateur du Teatro Experimental Negro (Théâtre Expérimental Nègrer) a reçu des mains du président Luís Inácio Lula da Silva la médaille de l’Ordre de Rio Branco. Lorsque l’insigne a été épinglé sur Abdias, le public présent s’est levé pour applaudir le militant. Ému, Abdias l’a remercié de son geste en levant la main et en faisant le signe de la victoire, dédié aux invités qui participent à la conférence au Centre des Conventions de Bahia. L’ancien sénateur a également reçu l’affection de la Secrétaire Spécial des politiques de Promotion de l’Égalité Raciale, la ministre Matilde Ribeiro.

La ministre Matilde Ribeiro

Traduit du Portugais par Guy Everard Mbarga

http://www.palmares.gov.br/

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